Cela fait pas mal de temps que trotte dans ma tête l’idée d’un voyage itinérant à vélo. Le vélo, est en effet le moyen de transport le plus écologique qui soit, tout en permettant de prendre le temps de profiter des paysages. J’avais déjà imaginé me rendre depuis Paris à Saint-Malo à l’occasion du Salon des Blogueurs de Voyage avec mon vélo, mais mes proches m’avaient alors rappelé à la réalité : mon vélo un peu vieillot et pas entretenu, je ne sais pas monter les côtes, je ne sais pas réparer un pneu crevé, je n’ai jamais fait de longues sorties à vélo sans avoir mal aux fesses… bref, peut être fallait il commencer par un projet moins ambitieux avec des étapes assez courtes, pour avoir le temps de visiter, et sur une durée moins longue.

Quand j’ai parlé de mon idée à l’Office du Tourisme de Fécamp de venir visiter la région en vélo jusqu’au Havre, ils ont été partant et m’ont proposé de commencer un peu avant à Ermenouville plus exactement à mi-chemin entre Dieppe et Fécamp sur la nouvelle Véloroute du Lin. Sans leur aide logistique, je n’aurais pas commencé l’itinéraire à ce point précis (un peu au milieu de nulle part) mais j’aurais eu à choisir entre Dieppe et Fécamp, qui sont les deux villes du parcours desservies par le train.

Dans ce premier article, je vais vous parler de mon itinéraire à vélo et de l’organisation logistique de mon voyage pour démystifier un peu tout cela si vous aussi êtes tentés par l’aventure mais avez comme moi des connaissances très limitées en voyage à vélo. Dans de prochains articles, je vous présenterais plus précisément les villes et points d’intérêts que j’ai pu découvrir durant ce parcours (que vous pourrez tout à fait découvrir en voiture si cela vous convient mieux). Ici nous parlerons donc surtout vélo !

Etant donné mon vélo un peu pourri, je ne voyais pas l’intérêt de voyager avec. Vu que je ne connais rien en mécanique (je ne sais pas changer un pneu crevé, alors ne me parlez pas de chaine cassée), j’ai préféré loué un vélo, et quitte à louer un vélo, prendre un vélo à assistance électrique. Plus d’angoisse de rester en bas de la côte, d’autant plus que qui dit voyage itinérant, dit sacoches dit vélo plus lourd.

Mon vélo a été loué auprès de Coffee Bike, le loueur de vélo qui se trouve sur la ville de Fécamp. Coffe Bike propose des vélos à assistance électrique mais aussi des vélos “normaux” en location à la journée ou sur plusieurs jours. Si vous séjournez sur Fécamp, sachez qu’ils livrent les vélos sans frais à votre hébergement. (C’est également possible hors de Fécamp mais des frais s’appliquent alors selon la distance). L’avantage de louer un vélo chez Coffe Bike est d’avoir à disposition un vélo en très bon état, bien entretenu et limiter les risques de panne et d’avoir un support en cas de problème.

Avant ce voyage à vélo, je ne m’étais pas particulièrement entrainée hormis une “grosse” sortie dans la Vallée de Chevreuse (où j’ai pu constater que je n’arrivais toujours pas à monter les côtes). Une grosse sortie, pour moi, veut dire une trentaine de kilomètres, j’ai bien conscience que c’est peu, mais je vois le vélo comme un moyen de transport permettant d’aller d’un point A à un point B plus qu’un véritable sport. Mon envie de voyager à vélo n’était pas lié à la réalisation d’une performance sportive, mais de prendre le temps de découvrir une région et ses paysages, à mon rythme, en mode “slow travel”. Je veux avoir le temps de m’arrêter toutes les 2 minutes pour prendre des photos du paysage !

Si vous cherchez des conseils de cyclotouristes nettement plus expérimentés, je vous invite à découvrir le super blog de Mila et Denni d’Entreprendre le Monde, un blog très inspirant pour découvrir le monde à vélo ! (et dont la lecture m’a aidé à préparer mon voyage et notamment m’équiper !)

vélo électrique joué chez Coffe Bike à Fecamp

L’équipement pour mon premier voyage à vélo itinérant

Ce que j’appréhendais pour ce premier petit voyage itinérant à vélo était le choix de l’équipement : bien choisir mes sacoches et tout faire pour ne pas avoir de sac à dos ce qui est déconseillé par tous les gens qui ont une véritable expérience en cyclotourisme.

Pour ce voyage, j’ai choisi des sacoches Btwin chez Decathlon. Une vingtaine d’euros pour deux sacoches de 20 L non étanches (mais la météo prévoyait du soleil). Le choix des sacoches m’a fait pas mal réfléchir, puisqu’il existe des sacoches de bien meilleure qualité, totalement étanches (comme les marques Vaude et Ortlieb notamment), mais le prix n’était pas le même et j’aurais pu ajouter un 0 à mon investissement. S’agissant d’un premier voyage, de courte durée, sous une météo favorable, j’ai préféré pendre un équipement basique et peu cher.

sacoche décathlon btwin

Pour que toutes mes affaires entrent dans ces sacoches (y compris le matériel photo et ma tablette, outil de travail pour le blog), j’ai réalisé un tri drastique dans mes affaires pour que tout puisse rentrer dans ces deux sacoches. J’ai également choisi le peu de vêtements en fonction de leur poids de manière à avoir les bagages les plus légers possible en retirant le superflu et le “au cas où” (à la fin cela faisait quand même 8 kg). Je crois que pour la première fois de ma vie j’ai vraiment utilisé chaque chose que j’avais emporté avec moi ! (sauf la trousse de secours !) Résultat je n’ai pas pris le parapluie qui m’aurais bien servi pour ma dernière journée au Havre, mais celui-ci était un peu trop lourd.

Pour ne plus avoir mal aux fesses et ne pas revivre l’expérience de ma journée sur la Loire à Vélo, j’ai investi dans un cycliste rembourré (20 € chez Decathlon), qui a changé ma vie. Grâce à lui, j’ai pu enchainer les journées de vélo sans souffrir le martyr. Le bonheur ! Plus jamais je ne referais de sortie vélo sans cela ! (Rappel ou pas : on ne porte pas de sous-vêtement sous un cycliste sinon vous aurez quand même mal aux fesses ! La peau de chamois du cycliste est antibactérienne et suffit à elle-même)

Pour finir, j’ai acheté un système permettant de tenir le téléphone qui me servait aussi de GPS. Finalement, cela ne m’aura pas trop servi car avec le soleil je ne voyais rien sur l’écran ! De plus, le GPS déchargeant rapidement la batterie, je préférais dans la mesure du possible me contenter de la carte et du balisage. Cela dit, ce dispositif me resservira lors de mes sorties vélos en région parisienne. Auparavant, je mettais le portable volume à fond dans la poche en essayant de suivre ses indications (pas très pratique !)

véloroute du lin en normandie

 

Les étapes de mon voyage à vélo entre Ermenouville et Le Havre

Les étapes de mon circuit à vélo sont relativement courtes, car mon objectif durant ce premier voyage en itinérant était de prendre le temps de visiter, et pas uniquement de pédaler ! Pour ce premier voyage à vélo, j’avais prévu des étapes de 30-40 km et j’ai trouvé que cela était le bon dosage entre vélo et arrêts touristiques. Grâce à l’aide logistique de l’Office du Tourisme de Fécamp, j’ai toujours pu mettre mes sacoches en sécurité lors de mes visites, mais c’est vrai que c’est l’inconvénient de voyager en vélo. Quand je traversais simplement une ville, je ne m’éloignais pas trop de mon vélo ou quand je le pouvais je laisse mes affaires dans mon hébergement. Si vous avez plus d’expérience que moi, cela m’intéresse de savoir si vous arrivez toujours à trouver des consignes ou des endroits sécurisés pour laisser vos affaires le temps d’une visite.

Je vous propose ici un bref résumé de mon itinéraire et je reviendrais avec des articles plus détaillés sur ce que j’ai pu découvrir durant ce séjour.

 

Jour 1 : Ermenouville – Fecamp par la véloroute du Lin

La Vélouroute du Lin est une nouvelle véloroute qui vient d’ouvrir entre Dieppe et Fécamp, que l’on peut parcourir en une seule journée si l’on ne s’arrête pas. Il s’agit principalement d’une voie verte, mais certains tronçons ne sont pas encore finalisés. En attendant, on emprunte le plus souvent des routes de campagne peu fréquentées.

Cette voie est une alternative facile à la Véloroute du Littoral. La route est assez plate (bien qu’en réalité c’est du faux plat tout du long avec de faibles montées et de faibles descentes). Je pense que j’aurais pu la faire sans assistance électrique, mais une fois que l’on y a goûté difficile de s’en passer (et comme j’avais fait pas mal d’arrêt photos dans les villages et les champs de lin traversés il fallait bien que je rattrape mon retard !).

 veloroute du lin entre Dieppe et Fécamp

J’ai fait deux arrêts “principaux” lors de cette étape : le premier pour découvrir le magnifique domaine du Château de Mesnil Geoffroy avec ses jardins magnifique et le second aux Glaces Follet, pour déguster des glaces artisanales au lait de la Ferme à St Vaast Dieppedalle.

Le Chateau de Mesnil Geoffroy en Seine Maritime

Aux Glaces Follet - Saint Vaast Dieppedalle

 

Jour 2 : Fécamp – Les Loges par la Véloroute du Littoral

Petite étape pour ce deuxième jour, car j’ai consacré une grande partie de ma journée à la visite de la jolie ville de Fécamp, et ce n’est qu’en milieu d’après-midi que j’ai repris mon vélo direction Les Loges sur les hauteurs d’Etretat.

le port de décamp

La sortie du Fécamp ne fût pas une mince affaire. En effet, si l’on suit le balisage de la véloroute du littoral, on grimpe sec avant d’arriver à un camping dont l’accès est restreint. Il y a deux endroits qui posent problème à vélo (et d’autant plus quand on a des sacoches) : l’entrée du camping côté plage puis la sortie. Je n’ai pas réussi à passer le dernier obstacle (cela dit je ne me suis pas non plus acharnée, car je pensais m’être trompée de chemin – mais d’après un autre blog que j’ai pu lire a posteriori, il s’agit bien de la bonne route). Pour passer cet obstacle, j’aurais dû retirer mes sacoches et soulever le vélo au dessus de l’obstacle, pas une mince affaire avec mes petits bras.

plage de Fécamp

La solution alternative, que je vous conseille pour la sortie de Fécamp est d’emprunter la route d’Yport au lieu du sentier des douaniers. Cette route vous permettra de rattraper rapidement le chemin des Falaises sur lequel passe la Véloroute du Littoral.

Rien que pour la côte de la sortie de Fécamp, j’étais heureuse d’avoir un vélo électrique. Si l’assistance électrique n’était pas nécessaire le premier jour, elle m’a bien aidé ici. Grâce à l’assistance électrique, je n’ai pas hésité longtemps à faire des détours par Yport et Vaucottes pour découvrir les magnifiques paysages de la Côte d’Albâtre. (Hélas on ne voit pas si souvent la mer si l’on se cantonne à l’itinéraire officiel de la Véloroute).

J’ai rejoins mon hébergement insolite : une cabane suspendue au centre Etretat Aventure aux Loges sur les hauteurs d’Etretat. Je suis arrivée trop tard pour tester les parcours d’accrobranche. Malheureusement, j’ai passé une très mauvaise nuit dans ce logement à cause de la moisson puisque l’agriculteur d’à côté a passé la moissonneuse batteuse jusqu’à 4h30 du matin et que j’avais oublié mes boules quiès… Pour des raisons météorologiques (notamment lorsque de la pluie est annoncée le lendemain, ce qui était le cas) la moisson peut devenir une course contre la montre et peut alors être réalisée à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, d’autant plus que la moissonneuse étant une machine très coûteuse elle est bien souvent partagée entre plusieurs exploitations et si le conducteur change la machine ne s’arrête jamais (ou presque) pendant la période stratégique de la moisson. Dans ces moments là je ne regrette pas d’habiter en ville lol

cabane suspendue Etretat Aventure

 

Jour 3 : Etretat – Le Havre par la véloroute du littoral

J’ai rejoint Etretat en vélorail, mais il est possible de suivre la véloroute du littoral depuis les Loges jusqu’au centre-ville. J’ai fini la matinée en visitant les superbes Jardins d’Etretat et en pique-niquant sur la falaise en profitant de la vue avant de reprendre la véloroute du littoral pour rejoindre Le Havre.

les jardins d'Etretat

plage d'etretat

Ce dernier tronçon de la véloroute m’a un peu déçue par rapport aux deux journées précédentes, car je m’attendais à voir la mer et les falaises mais après la sortie d’Etretat, mais on ne la voit quasiment jamais. La seule solution est de prendre le temps de faire des détours (cela dit c’est aussi vrai pour le tronçon entre Fécamp et Etretat, mais il est plus court). Je vous conseille notamment de faire le détour jusqu’au phare d’Antifer, et de vous balader un peu à pied sur le sentier de randonnée pour profiter de la vue. J’étais déjà venue randonner à cet endroit plusieurs années auparavant et le paysage est magnifique. Il est même possible de suivre le sentier des douaniers jusqu’à Etretat (mais cela ne sera pas pour cette fois !)

Ce jour là, j’étais un peu stressée et pressée par le temps, car un orage était annoncé en fin de journée et je redoutais vraiment de me retrouver dessous avec mes sacoches non étanches. J’avais bien prévu des enveloppes de sac-à-dos pour assurer un minimum d’étanchéité en mode système D, mais je ne préférais ne pas avoir à tester l’efficacité de cette idée ^^. Aussi, j’ai moins bien profité de ma journée, tiraillée entre l’envie de faire des détours pour admirer la vue, et rejoindre le Havre au plus vite.

Il manque plusieurs indications, notamment sur la seconde moitié du parcours. Parfois c’est assez évident de retrouver le chemin avec la carte de l’itinéraire, parfois moins, et il faut alors s’appuyer en plus du GPS (merci Google Maps !).

En tout cas, je vous conseille plus que vivement de prendre avec vous au la carte des véloroutes de la Seine Maritime, distribuée gratuitement dans les Offices du Tourisme. Je n’avais pas de carte plus précise, mais déjà c’était vraiment pas mal pour s’y retrouver (et éventuellement comprendre la direction à suivre en cas d’absence de balisage).

Je me suis aussi un peu perdue en arrivant sur le Havre, mais je me suis rapidement trouvé sur le front de mer bordé d’une piste cyclable. Je n’ai pas quitté mon vélo pour mes deux jours au Havre tant la ville est adaptée à ce mode de transport (nombreuses pistes cyclables, ville assez étalée et relativement plate)

Arrivée sur la plage du Havre

 

Le bilan

Malgré mon inexpérience totale, j’ai adoré ce voyage à vélo. J’aurais bien continué plus longtemps et je me sens prête à affronter des itinéraires plus ambitieux ! J’ai adoré le rythme qu’offre le vélo (que je connaissais pour faire du vélo à la journée) qui offre à mon goût la vitesse idéale pour découvrir des paysages. Si j’aime encore énormément la randonnée (notamment en montagne), je trouve que parfois cela “avance un peu trop lentement”. En vélo, on a jamais l’impression qu’un paysage est monotone, et si c’est le cas il suffit de pédaler un peu plus vite pendant les parties moins sympas.

Et vous est ce que vous aimez le cyclotourisme ?

 

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Cet article est issu d’une collaboration avec Fécamp Tourisme. Je reste libre du contenu éditorial et les avis exprimés sont les miens.