Début novembre, j’ai révisé mes cours d’histoire en visitant à quelques jours d’intervalles, le Musée de la Grande Guerre à Meaux sur la Première Guerre Mondiale, et le Mémorial de Caen, sur la Seconde. Le Mémorial fait partie des visites incontournables de Normandie. Je l’avais visité enfant avec le collège et j’avoue n’en avoir pas gardé un énorme souvenir contrairement à la visite du Cimetière Américain de Colleville-sur-Mer ou du port-artificiel d’Arromanches. J’étais donc contente de profiter de mon week-end à Caen pour redécouvrir un des plus importants musées d’histoire en France.

 

Contrairement à ce que je pensais, le Mémorial de Caen n’est pas uniquement basé sur la Seconde Guerre Mondiale. Suite à de récents agrandissement, le musée couvre désormais l’histoire depuis la Première Guerre Mondiale jusqu’à la fin de la Guerre Froide. Un beau programme… Vous comprendrez mieux pourquoi il faut compter une journée entière pour en faire le tour. Nous sommes arrivés vers 10h30 et sommes repartis à 15h en ayant renoncé à visiter la partie sur la Guerre Froide, car nous avions de la route à faire.

Hall d'entrée du mémorial de Caen

Le Monde avant 1945

Le musée commence en 1918. La France a vaincu l’Allemagne. La signature du traité de Versailles en 1919 est vécu par les Allemands comme une humiliation. L’Allemagne est considérée comme la seule responsable de la guerre et doit payer de lourdes indemnités. Bientôt c’est la crise du Deutsche Mark, l’inflation est insoutenable. La crise économique s’accompagne de la montée des totalitarismes. En 1933 Hitler arrive au pouvoir. Il remilitarise rapidement l’Allemagne, malgré l’interdiction du traité de Versailles, et annexe l’Autriche en 1938 puis occupe la Bôheme-Moravie en 1939.

Cette descente aux enfers est matérialisée dans le musée par une spirale qui descend en colimaçon, montre comment peu-à-peu l’Europe va s’enliser dans une situation intenable malgré la volonté très forte de Chamberlain et Daladier d’éviter un second conflit. Au fur et à mesure que l’on avance, l’espace devient de plus en plus sombre, tandis que résonne la voix d’Hitler, et le son des bottes des défilés nazi. La spirale s’achève par une salle obscure dans laquelle est projeté des vidéos présentant en image les défilés de chars allemands. Une introduction glaçante.

Spirale de la faillite de la paix
Salle d'introduction de la seconde guerre mondiale au Mémorial de Caen

Une fois cette introduction passée, nous entrons dans le vif du sujet. L’histoire de la Seconde Guerre Mondiale est présentée en plusieurs thématiques : la France des Années Noires, De la Guerre Européenne à la Guerre Mondiale, Génocides et Violence de Masse, la Guerre Totale, …

N’ayant pas fait d’histoire depuis ma sortie du lycée, j’ai aimé avoir successivement visité ces deux musées. Je ne me souvenais plus à quel point la France avait été balayée si rapidement par la Blitzkrieg des Allemands. Le musée fait la part belle à la France du Maréchal Pétain, une France que l’on souhaite souvent oubliée au profit de la France libre du Général de Gaule et des héros de la Résistance. C’est donc avec un peu de surprise que j’ai redécouvert cette partie de notre histoire avec ces affiches de propagande.

Laval au poteau - memorial de Caen
Affiches de la France des Années Noires - Mémorial de Caen

J’ai aussi apprécié la vision mondialisée proposée par le Mémorial de Caen. De mes cours de collège/lycée, je n’avais que des souvenirs sur les évènements qui se sont déroulés en Europe exceptions faites du bombardement de Pearl Harbor et des bombardements atomiques d’Hiroshima et Nagasaki. Je n’ai peut-être pas toujours été très attentive en cours, mais j’ai découvert pas mal de choses sur la partie Pacifique de la Seconde Guerre Mondiale. Par exemple, je n’avais pas en tête le fait que le Japon avait étendu son emprise sur la quasi-totalité de l’Asie du Sud Est en incluant une partie de la Chine, la totalité de l’Indochine, de la Malaisie et de l’Indonésie. J’ai également appris que la Chine était le deuxième pays au monde après l’URSS à avoir payé le plus lourd tribu humain du conflit. J’ai également découvert certains épisodes macabres comme le massacre de Nankin, dont je n’avais je crois jamais entendu parler.

Etant donné l’ampleur du programme d’histoire couvert par le musée, chaque aspect sera couvert de manière assez courte. Ainsi, je pense que ce musée est une belle introduction aux évènements de la Seconde Guerre Mondiale, et pourra être complétée par les nombreux musées thématiques situés dans la Normandie comme le Musée de la Bataille de Normandie à Bayeux, le Musée du Débarquement à Arromanches, le Mémorial des Civils dans la Guerre à Falaise… Il y a un tel nombre de musées que je vous en épargnerais la liste !

 

Le Débarquement et la Bataille de Normandie

Une fois la visite de la partie “le Monde avant 1945” terminée (ce qui nous a pris environ 2h) nous enchaînons avec la salle dédiée au débarquement et à la Bataille de Normandie, située juste après. Je suis contente d’avoir un focus sur cette partie, car j’avais justement trouvé que le débarquement était abordé de manière trop brève dans l’exposition principale, ce qui m’avait laissé sur ma faim.

Dans cet espace, on suit heure par heure les opérations du D-Day, puis presque jour par jour, celles de la Bataille de Normandie qui fût plus longue et plus difficile que prévue par les Alliés. Je n’avais pas pris conscience à l’école que c’était la Normandie qui avait payé le prix fort de la libération de la France. Les combats y ont duré une centaine de jours. Ce sont les bombardements Alliées qui ont causé l’énorme majorité des destructions de la régions. Après la libération de la Poche de Falaise le 21 août, les Alliés ont eu la voie quasiment libre jusqu’à Paris qu’ils libérèrent seulement 4 jours plus tard.

Exposition sur le débarquement de Normandie au Mémorial de Caen
Maquette de l'opération du Débarquement de Normandie

Après la visite de cet espace d’exposition, nous avons continué avec la projection du film d’une vingtaine de minutes sur les 100 jours de la Bataille de Normandie. Bien qu’étant sur la même thématique, il ne s’agit pas du même film que celui présenté au Cinéma Circulaire Arromanches 360° que j’avais pu voir en avril. Avec le recul, je crois que j’aurais aimé visiter le Mémorial avant le Cinéma d’Arromanches pour avoir un petit rappel sur les faits historiques, car je ne connaissais alors vraiment rien de rien sur la Bataille de Normandie !

 

Le Bunker souterrain du Général Richter

Après une courte pause déjeuner (il est déjà 14h passé !) à la sandwicherie Pomme de Pain du Musée, nous terminons notre visite du mémorial par la visite du Bunker souterrain du Général Richter sur lequel a été construit le musée. J’aurais aimé y trouver une exposition pour en savoir plus sur la vie dans les Bunkers, mais à la place nous avons trouvé quelques explications sur le Calvados sous l’Occupation et les Services Secrets.

Bunker du Général Richter sous le Mémorial de Caen
Exposition sur les services secrets dans le Bunker du Mémorial

Après près de 5 heures passés le Mémorial, ce n’est pas sans regret que nous décidons de tirer un trait sur l’exposition consacrée à la Guerre Froide, surtout que l’histoire de Berlin et de l’Allemagne de l’Est me passionne et j’aurais aimé en profiter pour en apprendre un peu plus.

 

Autour du Mémorial, s’étendent les Jardins du Souvenir dédiés à ceux qui ont combattus pour la Paix. La météo exécrable de la journée ne nous à hélas pas permis d’en profiter.

 

Informations pratiques

Retrouvez l’ensemble des informations pratiques à jour directement sur le site internet du Mémorial de Caen. Sinon voici quelques informations de 2017.

Prix d’entrée : Plein tarif : 19,80 €, Tarif réduit : 17,5 €, Pass famille 51 € (Tarif familial unique valable pour 2 adultes et au moins un enfant de 10 à 25 ans (nombre d’enfants non limité))

Horaires d’ouverture : variable dans la saison mais en général ouvert tous les jours entre 9h-9h30 et 18h-19h, fermé du 7 au 29 janvier 2018

Possibilité de se restaurer dans le musée soit dans une sandwicherie Pomme de Pain soit au restaurant du musée.