Le chemin de Saint Guilhem est un itinéraire de grande randonnée qui emprunte le chemin historique des pèlerins auvergnats vers l’Abbaye de Gellone de Saint-Guilhem-le-Désert et des troupeaux languedociens vers les pâturages d’altitude. Il faut compter une quinzaine de jours pour parcourir les 242 km qui relient Aumont-Aubrac en Lozère à Saint-Guilhem-le-Désert dans l’Hérault.

Le circuit permet de découvrir des paysages variés et extraordinaires tels le haut plateau de l’Aubrac, les Causses des Cévennes, les gorges du Tarn et de la Jonte, le Cirque de Navacelles et enfin le village de St Guilhem le Désert. Voici un petit aperçu en image des merveilles qui jalonne l’itinéraire complet de cette grande randonnée :

paysage du plateau de l'Aubrac

Le village de Sainte Enimie en Lozère
Randonée sur les corniches des gorges du Tarn

 

J’ai été invité par Lozère Tourisme à parcourir les premières étapes du Chemin de St Guilhem à travers l’Aubrac depuis Aumont-Aubrac jusqu’à La Canourgue, ce qui correspond à environ 90 km de marche (sur lesquels j’ai un peu triché – j’ai sauté un tronçon de 8 km – j’y reviendrais dans la description de mon itinéraire jour par jour). Dans cet article, je vous présente mon carnet de randonnée ainsi que les aspects pratiques pour organiser un tel séjour. Le chemin continu entre de La Canourgue jusqu’à St Guihlem par différentes variantes : les gorges du Tarn ou la traversée des plateaux des Causses. Il faut compter environ 2 semaines pour réaliser la totalité de la randonnée.

 

Carnet de randonnée

 

Jour 0 : trajet Paris – Aumont-Aubrac

Ma première journée fût consacrée à la préparation de mon sac-à-dos (ce qui m’a pris pas mal de temps temps pour bien optimiser de manière à avoir le sac le plus léger possible puisque je randonnais avec mes affaires sur le dos) et au trajet pour rejoindre Aumont-Aubrac. Au départ de Paris, le plus simple en transport en commun est de prendre le train de la gare de Paris Bercy jusqu’à Clermont-Ferrand puis un bus SNCF jusqu’à Aumont-Aubrac. Le trajet dure 6 heures environ avec la correspondance. Attention à Clermont-Ferrand, car il y a deux gares routières. Vérifiez bien d’être du bon côté de la gare ^^ (ou comment rater bêtement sa correspondance, disons que cela était à deux doigts de m’arriver ^^).

Aumont-Aubrac est une petite ville très animée en été et propose de nombreux restaurants et hébergements puisque cette ville, en plus d’être le point de départ du St Guilhem, est également celui du Tour des Monts d’Aubrac et est également une étape vers Compostelle.

Pour ma première soirée en Lozère, je dîne et dors au Gite de la Ferme du Barry, qui propose des dortoirs pour randonneur, mais également des chambres doubles individuelles avec salle de bain privative. Arrivée par le train, je rejoins le repas un peu en retard. Un menu bien copieux – surtout quand on a passé sa journée assis dans les transports (salade, bœuf de l’Aubrac, aligot et dessert). J’y ai mangé le meilleur aligot de mon voyage.

Hébergement Ferme du Barry - Aumont Aubrac
Hébergement Ferme du Barry - Aumont Aubrac

 

Vous pouvez leur demander de venir vous chercher gratuitement à la gare, mais celle-ci n’est qu’à une petite dizaine de minutes de marche.

Ferme du Barry, 9 rue du Barry haut, 48130 Aumont-Aubrac, 04 66 42 90 25 / 06 71 83 17 46

 

Jour 1 : Aumont-Aubrac – Montgros (24 km, 5h40, D+478m)

Après le petit déjeuner, c’est le départ pour ma première journée de marche et l’étape qui sera la plus longue de mon itinéraire. Sachez que la plupart des gens poursuivent jusqu’à Nasbinals (étape officielle du Compostelle), mais je vous conseille de vous arrêter à Montgros s’il y a de la place au gite pour mieux équilibrer les étapes entre Aumont et St Chely.

Sur cette étape, approvisionnez-vous au niveau du village d’Aumont-Aubrac qui possède une boulangerie et une épicerie. Concernant l’eau, pas besoin de prendre plus d’un litre, car de nombreuses fontaines ponctuent le chemin. D’autre part, sur les tronçons communs à Compostelle, on trouve des toilettes publiques dans chaque village traversé.

En cas de journée ensoleillée et de forte chaleur, il est recommandé de commencer cette étape le plus tôt possible (chose à laquelle je n’avais pas prêtée attention), car sur la deuxième partie de la randonnée (à partir des Quatre-Chemins), il n’y a presque plus un poil d’ombre. Pour l’avoir fait en plein soleil, je peux vous dire que ça tape bien !

L’étape entre Aumont-Aubrac et Nasbinals est réputée être l’une des plus belles de la Voie du Puy-en-Velay sur le Chemin de Compostelle. Le début du tronçon est assez varié et alterne jusqu’au Quatre Chemin des paysages de pâturages et des petites forêts. Si l’étape est longue elle est assez facile en terme de dénivelé car les pentes sont plutôt douces.

randonnée Saint Guilhem - sortie d'Aumont Aubrac

Chapelle de la Bastide à La Chaze de Peyre
Randonnée dans l'Aubrac

Si je randonne seule, je ne tarde pas à faire la connaissance de plusieurs randonneurs, et nous finissons rapidement par formé un petit groupe. Ces rencontres sont la magie de Compostelle ! D’autant plus que même sans randonner forcément randonner toute la journée ensemble, je ne manquerais pas de recroiser cette personne durant les deux journées communes aux deux itinéraires. Je ne vous cache pas que cela me donne envie de retourner sur Compostelle où j’avais commencé à marché entre le Puy et Monistrol il y a deux ans.

Arrivés vers 11h au Quatre Chemins, nous nous arrêtons au Gite/Bistrot des Quatre Chemin pour boire un coup et se reposer avant d’entamer la traversée du désert. La seconde partie de la randonnée est éblouissante. Il faut dire que j’ai une attirance très forte pour les paysages désolés et grandiose ou l’horizon semble à perte de vue.

Le Plateau de l’Aubrac a été déboisé dès la période néolithique pour l’élevage et ce plateau éloigné de tout garde encore aujourd’hui cette tradition agricole. En mai, se déroule la fête de la transhumance pendant lesquelles les bêtes montent vers les estives, ces pâturages d’altitude.

bruyère en fleur sur le plateau de l'aubrac

fleurs de gentiane - Aubrac
croix sur le chemin de compostelle

 

Paysage du plateau de l'Aubrac en Lozère

 

Nous nous arrêtons déjeuner au niveau du village de Finieyrols où une aire de pique-nique ombragée a été aménagée (il y a même la possibilité d’acheter une boisson fraîche ou un café).

La fin du chemin est tout aussi belle, mais après mangé, avec la fatigue du matin et la chaleur écrasante de l’après midi mes jambes sont de plus en plus lourdes. Je ne pense qu’à faire des pauses photos ce qui ne me fait pas avancer. Arrivé à Rieutort l’avant dernier village, je me repose à l’ombre assez longuement. Pourtant il est temps de repartir avant de ne plus arriver à décoller. La première journée de randonnée est l’une des plus dures car le corps n’est pas encore habitué à porter un sac de dix kilos sur le dos et à marcher autant de kilomètres ! (La seconde sera la pire, après petit à petit je vous rassure on s’habitue à l’effort plus vite qu’on ne le croit).

Vache Aubrac au bord d'un ruisseau

Les derniers kilomètres avant d’arriver à Montgros me semble interminables (surtout qu’il y a une bonne partie de bitume ce qui est assez désagréable pour la marche). Le chemin emprunte un ancien pont de pierre. Il y a possibilité de faire un détour de 2km (A/R) pour aller voir la cascade du Déroc. Je n’y vais pas puisque je l’ai vu l’année dernière lors de mon premier séjour sur le plateau de l’Aubrac. De toute façon je n’en aurais pas vraiment eu la force…

J’arrive vers 17h au gite, ce qui me laisse le temps de faire ma lessive, mes étirements, prendre une bonne douche et déguster une bière de l’Aubrac avant le repas du soir.

Le Gite La Maison de Rosalie, dans une maison de charme,est le seul hébergement et restaurant de Montgros et propose la demi-pension. Il propose des chambres individuelles ainsi que des chambres partagées jusqu’à 4 personnes à partir de 45€/personne en demi-pension.

La Maison de Rosalie à Montgros

Le repas du soir était délicieux (tarte provençale, bœuf d’Aubrac accompagné de pommes de terre rissolée et d’haricots verts, et un tiramisu revisité au rhum et au fruits) par contre j’ai trouvé que les portions étaient un peu petites surtout après une grosse journée de marche.

Par contre, le buffet du petit déjeuner du lendemain matin était vraiment superbe : pain au chocolat, tartine, confiture, céréales, jus de fruit, fromage blanc… il y avait vraiment de tout et de quoi se régaler.

La Maison de Rosalie, Montgros, Nasbinals, 04 66 32 55 14 / 06 70 61 09 61 / 06 37 10 64 54

 

Jour 2 : Montgros – St Chely d’Aubrac (19,3 km, 5h, D+300m)

Au réveil, malgré les longs étirements de la veille, mes jambes sont lourdes et raides. Je me demande si j’ai bien fait de me lancer dans cette aventure et si ce n’était pas trop ambitieux. Mais je me rassure en me disant qu’à chaque fois que je pars en trek c’est pareil. J’échange avec les autres randonneurs du gite qui me confirme que les deux/trois premiers jours sont les plus durs.

Un autre soucis qui m’inquiète, ce sont mes chaussettes qui me font mal aux pieds. Ce sont des chaussettes de randonnée, mais elles me serrent beaucoup trop la cheville et me cause une douleur au tendon d’achille. En discutant avec les autres randonneurs, j’apprends à quel point le choix de la chaussette est important. Heureusement, sur le Chemin de Compostelle, ce n’est pas le matériel de randonnée qui manquent et je trouverais une bonne paire de chaussette en laine mérinos (une matière isolante, résistante aux frottements et respirante qui permet d’éviter les ampoules – testé et approuvé !) à l’épicerie de Nasbinals qui feront mon bonheur pour le reste du trajet. C’est un vrai budget mine de rien mais les chaussettes c’est vraiment le second élément le plus important de l’équipement après les chaussures. Les ampoules peuvent vraiment vous gâcher votre randonnée et cela serait dommage !

Eglise de Nasbinals

Je me ravitaille à Nasbinals et je continue la traversée du plateau de l’Aubrac en direction de Saint-Chely d’Aubrac, un itinéraire entre Lozère et Aveyron. Il y a pas mal de monde sur ce tronçon (il semblerait qu’il y ai aussi des chemins de petites randonnées qui empruntent un bout du GR). J’ai beaucoup aimé la partie de la matinée traversant les pâturages à perte de vue et l’arrivée à Aubrac, le village qui a donné son nom au plateau. Aubrac est un village très touristique et très animé en ce mois de juillet. Il y a de nombreux restaurants. J’en profite pour me poser un peu et prendre une limonade à la Maison de l’Aubrac, qui est un espace de renseignements sur de la région, qui propose des expositions en accès libre ainsi qu’une boutique de produit locaux.

les patures sur le plateau de l'Aubrac

En arrivant sur Aubrac, on ne peut louper le clocher de l’église et la tour de la Domerie. Il s’agit d’un ancien monastère fondé au XIIème siècle par l’évêque de Conques pour accueillir les malades. Il était aussi un repère et un refuge pour les pèlerins de la Via Podiensis de Compostelle, sur l’un des secteurs les plus dangereux de l’itinéraire. En hiver, avec le brouillard et la neige le risque de se perdre était important, mais surtout des bandes de pillards rodaient dans la région et les pèlerins devaient voyager en groupe pour se protéger.

Après la Révolution Française, les religieux furent dépossédé de leurs biens et l’activité de la Domerie cessa. Le bâtiment principal abrite aujourd’hui un hôtel-restaurant.
Arrivée au village d'Aubrac dans l'Aveyron

domerie d'Aubrac

En sortant du village par le Chemin de Saint-Guilhem, je passe non loin d’un buron, le Buron du Couderc, qui promet un délicieux aligot. Je suis un peu dégoûtée d’avoir acheté un pique-nique sinon en tant que grande amatrice d’aligot, je me serais arrêtée pour le déjeuner (même si en randonnée il faut mieux déjeuner léger ou en tout cas privilégier les sucres lents qu’un aligot !).

Je continue d’avance et je commence à avoir un peu faim. Je n’ai pas envie d’attendre Belvezet où il y a une table de pique-nique, alors je me trouve un coin à l’ombre au bord du chemin pour pique-niquer. La seconde partie de la journée est un peu plus ombragée, le chemin longe la forêt domaniale de l’Aubrac. Un superbe panorama sur la vallée de Saint-Chely annonce la fin du plateau de l’Aubrac. Le chemin descend doucement mais sûrement vers le village situé à quelques kilomètres en contrebas.

Panorama sur la vallée de Saint Chely d'Aubrac

foret de Saint Chely

J’arrive enfin à Saint-Chely d’Aubrac ! En cette deuxième journée de randonnée, je suis vraiment fatiguée et je ne voyais plus le bout de la descente. Le deuxième jour est souvent le plus difficile, le corps est fatigué et n’est pas encore habitué à l’effort. Ma douleur à la cheville ne part pas (heureusement il y a une pharmacie à St Chely où je trouverais des patch anti-inflammatoires qui me soulageront). Je croise les doigts pour qu’ils fassent effet rapidement et que je puisse continuer ma randonnée jusqu’au bout.

Clocher de Saint Chely
Croix du pont de Saint Chely

Gite d'Etape Communal de Saint Chely d'Aubrac

Gite Communal de St Chely Chez Fanny et Jérémy, Route d’Aubrac, Saint-Chély d’Aubrac, 06 29 83 58 82

 

Jour 3 : St Chely d’Aubrac – Col de Bonnecombe (22 km, 5h45, D+800)

Pour cette troisième grosse journée de marche, je quitte le Chemin de Saint Jacques à la sortie de Saint-Chely pour bifurquer en direction du plateau de l’Aubrac. Cela fait bizarre, car d’un coup, je suis vraiment seule sur le sentier. Tant que j’étais sur Compostelle je n’avais pas besoin de réfléchir à mon chemin, j’avais toujours un pèlerin en vue à suivre. Pendant les premières heures de cette journée de marche, je n’ai tout simplement croisé personne.

Saint Chely d'Aubrac

Je remonte doucement tout le dénivelé que j’ai descendu la veille pour retourner sur le plateau en passant à travers le village des Enfrux où se trouve la dernière fontaine avant le Col de Bonnecombe. Je croyais qu’il était possible de trouver de l’eau au Refuge des Rajas mais ce n’est pas le cas lorsque celui ci est fermé. Pour cette étape, je vous invite à faire le plein de nourriture à Saint-Chely (la prochaine épicerie est à Saint-Germain-du-Teil) et bien remplir votre gourde, car ce fût l’étape la plus reculée de ma randonnée. Pour cette étape, en cas de chaleur je vous conseille d’emporter au moins 1,5L d’eau.

J’ai adoré cette partie, et de retrouver le calme après Compostelle (même si j’ai adoré pouvoir autant échanger sur le chemin, j’avais aussi envie de me retrouver seule dans la nature). Après les Enfrux, le chemin traverse sur quelques kilomètres la forêt domaniale de l’Aubrac, ce qui change un peu des pâturages, puis débouche sur un magnifique paysage de tourbière fleurie avec un petit lac. Le paysage est tellement beau que bien qu’il soit encore un peu tôt je décide de me poser là pour le déjeuner. Durant ma pause, je verrais passer d’autres randonneurs (que je retrouverais plus loin !), ce qui me rassure : non je ne suis pas complètement seule sur le Chemin de Saint-Guilhem !

foret domaniale de l'Aubrac

Tourbière dans l'Aubrac

Après la tourbière, le Chemin emprunte une route bitumée beaucoup trop longue pour atteindre la Croix de Rode (surtout qu’il n’y a pas un poil d’ombre). Heureusement, après la Croix de Rode, le chemin redevient sublime. Encore faut-il arriver à entrer dans l’enclos des vaches qui ont eu la bonne idée de se regrouper pile poil devant le petit escalier permettant de passer au dessus du barbelé. J’hésite, je ne sais pas quoi faire, car j’ai peur de traverser un troupeau de vaches à corne. Juste à ce moment là une personne arrive en voiture et me dit que cela ne craint rien. Bon je ne suis pas beaucoup plus rassuré alors j’attends la randonneuse qui arrive vers moi. On décide finalement d’avancer un peu et de passer sous le barbelé après le troupeau. Finalement ce n’était si dur mais sur le moment nous n’étions pas rassurer.

route bitumée vers la croix de rode

troupeau de vaches de l'Aubrac

Une fois dans l’enclos, on retrouve la beauté des pâturages de l’Aubrac à perte de vue. Le Refuge du Rajas, un refuge où j’aurais aimé dormir, mais qui était complet, est bien fléché. J’ai hâte de l’atteindre car ma gourde est bientôt vide (et ceux qui me connaissent savent mon angoisse par rapport au manque d’eau en randonnée ^^). Le Refuge du Rajas est un site exceptionnel en pleine nature, au milieu des vaches de l’Aubrac et desservi uniquement par une piste caillouteuse. Cela doit être quelque chose que de séjourner dans un lieu aussi reculé !

Refuge du Rajas

Malheureusement, il n’y a personne et je ne pourrais pas remplir la gourde. Je ne m’y attarde donc pas longtemps et j’entreprends la remontée vers le Col de Bonnecombe qui est à une bonne demi-heure de là. A ce col, se trouve un café restaurant dans lequel il est possible de remplir ses gourdes et de faire une pause bien méritée.

Pour moi, l’étape s’arrête là car on vient me chercher en voiture, mais sinon il est possible de continuer à pied pendant 8 km pour atteindre l’Auberge du Radal au Col du Trebattut. A l’origine, il était prévu que je revienne au Col de Bonnecombre le lendemain matin pour marcher sur le tronçon que je ne faisais pas ce jour-là.

Arrivée à l’Auberge du Radal,je vais voir le magnifique point de vue de la table d’orientation du Col du Trebattut qui se trouve à quelques minutes de marche. De là on a une vue panoramique à presque 360°C sur les paysages de la Lozère. On entrevoit le Mont Aigoual des Cévennes et le Mont Lozère, le plus haut sommet du département.

Col du Trebatut

A l’Auberge du Radal, on nous sert un délicieux aligot. Le service est un véritable spectacle, et c’est un régal dans l’assiette. Il y a pas mal de monde dans l’auberge puisque celle-ci est au croisement de 3 itinéraires de randonnée : le Chemin de Saint Guilhem, le Tour des Monts d’Aurac, et le Chemin Urbain V qui relie Mende à Avignon.

Que vous dormiez ou non à l’Auberge du Radal, sachez que l’établissement propose des paniers repas sur commande si vous avez besoin de ravitaillement avant d’arriver à Saint-Germain-du-Teil.

Aligot à l'Auberge du Radal

Auberge du Radal, Le Trébatut, Les Salces, 

 

Jour 4 : Col du Trebatut – Saint Germain du Teil (6,5 km)

Si l’étape du jour est aussi courte, c’est qu’il y a eu un petit changement dans mon programme. Je devais retourner en voiture au Col de Bonnecombe pour reprendre la marche là où je m’étais arrêtée la veille, mais ce matin il pleut très fort. La motivation n’est pas au plus haut et c’est en discutant avec le propriétaire de l’Auberge du Radal, que je finis de me démotiver complètement. Il m’explique que le tronçon de randonnée de 8 km entre le Col de Bonnecombe et le Col du Trebatut n’est pas des plus passionnants : une piste large de 20 m entre les arbres (un chemin monotone qui ne m’abritera pas de la pluie).

Du coup, je me retrouve avec une mini-étape, puisque en repartant du Col du Trebatut j’aurais pu directement aller jusqu’à La Canourgue. D’un autre côté, je ne suis pas mécontente de ralentir le rythme puisque j’ai toujours ma petite douleur qui me titille la cheville, même si cela va plutôt mieux avec les patchs anti-inflamatoires.

Comme mon étape est très courte, j’attends tranquillement la fin de la pluie. Un peu avant 11h, le ciel commence à se dégager et j’entame tranquillement ma petite descente vers St Germain du Teil ou j’arrive pour l’heure du déjeuner.

la foret après la pluie
village en lozere

 

troupeaux de vaches en Lozère

portrait de vache Aubrac

Je me pose tranquillement au Gite d’Etape de Saint Germain du Teil, un véritable petit coin de paradis avec son beau jardin dans lequel on peut se reposer et profiter du soleil en buvant une tasse de thé. Après une bonne pause déjeuner, je pars pour un petit tour de 8 km (sans mon gros sac à dos cela fait tellement du bien!) me balader le long de la boucle de randonnée du Petit Patrimoine, une boucle qui emprunte pour moitié le Chemin de St Guilhem. Je prends le temps de grimper jusqu’à la Table d’Orientation. Si jamais vous avez le temps sur le chemin de Saint-Guilhem, je vous conseille vraiment se petit détour car on profite de là haut d’une vue imprenable sur les Causses.

Panorama sur les Causses

J’ai énormément aimé ce gite d’étape. Corinne la propriétaire est une passionnée des plantes sauvages et en utilise beaucoup dans sa cuisine. Elle connait parfaitement leur vertus nutritionnelles et médicinales. Elle propose également tout au long de l’année des stages de découverte et de cuisine des plantes sauvages.

Gite d'étape de Saint Germain du Teil
Jardin du gite d'étape de Saint Germain du Teil

petit déjeuner au Gite Rando Pain Lozère

Le repas servi au Gite d’Etape était délicieux, original et gargantuesque. Nous avons eu deux entrées, un plat, du fromage (un plateau particulièrement incroyable) et un dessert ! Le tout fait maison et avec un maximum de légumes du jardin et des produits locaux (de la viande de l’Aubrac notamment). Autant vous dire que j’ai beaucoup trop mangé, même après une journée de randonnée.

Gite d’Etape Rando Pain Lozère, 7 rue du gendarme Merle, Saint-Germain-du-Teil

 

Jour 5 : Saint Germain du Teil – La Canourgue (10 km)

Pour ma dernière journée, c’est à nouveau une courte étape puisque je dois rejoindre le centre-ville de la Canourgue avant 12h pour prendre la navette et entamer le retour vers Paris.

Le petit déjeuner du Gite Rando Pain Lozère est incroyable, le plus beau et le meilleur que j’ai pu avoir sur cette randonnée, avec notamment un grand choix de confiture maison avec des parfums originaux et une incroyable confiture à la framboise de l’Aubrac. Malheureusement, le repas de la veille était si copieux que je n’ai pas faim du tout. Je déguste malgré tout une petite cuillerée de chacune des confitures, prends un petit bout de coupétade, ce gâteau à base de pain perdu et de fruits sec traditionnel de Lozère.

 

Panorama sur La Canourgue

Statue de Jeanne d'Arc à la Canourgue

centre historique de la Canourgue
Tour de l'horloge - La Canourgue

 

Informations pratiques

Rejoindre l’itinéraire de Saint Guilhem en transport en commun

La SNCF dessert les gares d’Aumont-Aubrac et de Banassac-La Canourgue.

La Malle Postale propose un service journalier de navettes sur réservation pour retourner à Aumont-Aubrac depuis La Canourgue, Sainte Enimie, Meyrueis, Saint-Guilhem et d’autres villes étapes du parcours. C’est avec une de leur navette que je suis revenue de La Canourgue à Aumont-Aubrac avant de prendre pour car SNCF pour rentrer sur Paris via Clermont-Ferrand.

Le Topo-Guide du Chemin de Saint-Guilhem

Le Topo-Guide du Chemin de Saint-Guilhem-le-Désert édité par la Fédération Française de Randonnée est le guide indispensable à avoir avec soi pour réaliser cette randonnée. Il inclut le descriptif de la randonnée et de ses principales variantes, les extraits de cartes IGN, la liste des hébergements sur le chemin, des conseils pratiques mais aussi quelques pages culturelles ou informatives sur les points d’intérêt croisé en chemin.

En bref, le Topo-Guide est un indispensable pour s’orienter sur le Chemin et disposer de toutes les informations pratiques nécessaires.

 

Hébergement / Alimentation

Cette question m’est revenue souvent sur les réseaux sociaux. Concernant les hébergements, il y a des gîtes tout le long de l’itinéraire et qui sont tous répertorié dans le Topo Guide. Je vous conseille de réserver à l’avance, car leur nombre est limité et si un est complet, cela peut signifier plusieurs kilomètres de marche sur des étapes déjà bien longues.

Il y a des dortoirs mais aussi des chambres individuelles. Hormis à Saint-Chely d’Aubrac, j’ai séjourné dans des chambres individuelles. La plupart des hébergements proposent des formules demi-pension. Parfois, et notamment dans les lieux isolés, ils proposent des paniers pique-nique ce qui peut éviter d’avoir à porter plusieurs jours de nourriture sur soi.

Sur la partie que j’ai faite, j’ai pu me ravitailler chaque jour dans les épiceries et boulangeries des villages traversés. Le topo-guide indique les villes possédant des restaurants, cafés et épicerie, donc cela peut vous aider pour vous organiser.

 

Transport de bagages

Si vous ne souhaitez pas porter vos bagages, sachez que La Malle Postale propose sur le Chemin de Saint-Guilhem-le-Désert un service de transport des bagages d’étape en étape, vous permettant de randonner seulement avec vos affaires de la journée, pour 8€ par bagage et par étape. Cette option peut vous intéresser si vous craignez de marcher toute la journée avec un sac lourd, qui pèse sur les articulations, surtout si vous n’avez pas l’habitude de marcher autant.

 

Quel matériel prendre avec soi ?

Sac à dos de randonnée Millet

En randonnée itinérante, il faut essayer de transporter le minimum de chose avec soi (surtout dans le cas où vous décidez de randonner avec vos affaires).

le matériel le plus important et sur lequel il ne faut pas lésiner sur la qualité sont :

  • de bonnes chaussures de randonnée. Il faut éviter de les prendre neuves. D’autre part, comme les pieds ont tendance à gonfler en marchant, il est recommandé de les prendre avec une taille de plus.
  • 2 bonnes paires de chaussettes. Souvent on néglige cet aspect mais de mauvaises chaussettes peuvent devenir une vraie torture avec la création de nombreuses ampoules. Le mieux est de prendre des chaussettes en laine mérinos comme celle de la marque Thyo. C’est assez cher (15-20 € la paire, mais vos pieds vous dirons merci). Vous n’avez pas besoin de plus de 2 paires de chaussettes car vous les laverez chaque soir.
  • un bon sac à dos de randonnée à choisir de taille pas trop grosse pour ne pas être tenté de porter trop de chose inutile. Pour cette randonnée, j’avais un sac Millet Miage 35 L et cela m’a largement suffit.

Voici la liste du reste du matériel principal que j’ai emporté :

  • deux T-shirt de sport respirant (je prends toujours les T-shirts offerts lors des courses à pied auxquelles je participe)
  • un coupe vent
  • une cape de pluie
  • une petite doudoune compacte en cas de froid (j’aime beaucoup celles d’uniqlo qui sont très légères et compactes)
  • un pantalons de randonnée
  • un short
  • des en-cas énergétiques (type barre de céréales, fruits secs, …)
  • un pyjama et des tongs pour le soir
  • un petit tube de lessive
  • une serviette microfibre
  • un petit savon et un échantillon d’hôtel de shampoing. Les randonneurs que j’ai croisé conseille d’emporter un petit bout de savon de Marseille qui permet de laver corps, visage et cheveux et même de faire sa vaisselle.
  • mon appareil photo, seul point où je n’ai pas fait de compromis sur le poids puisque j’ai pris mon reflex.

 

Quel entrainement avant de faire une randonnée itinérante ?

Je ne me suis pas entraînée spécifiquement avant de partir en randonnée car je pratique déjà une activité sportive régulière (course à pied une à deux fois par semaine). Il n’y a pas besoin d’être le plus grand sportif du monde pour réaliser une randonnée itinérante mais la pratique régulière d’une activité sportive d’endurance quelle qu’elle soit vous aidera à vous sentir moi fatigué.

Un peu de renforcement musculaire des cuisses et du dos (via un travail de gainage par exemple) les semaines avant de partir peuvent également vous soulager notamment pour la partie liée au port du sac-à-dos qui mine de rien sollicite le haut du corps ainsi que les articulations des genoux.

Si vous n’êtes pas très sportif, le mieux reste d’envisager le transport des bagages car randonner avec un sac de 10 kilos sur le dos ajoute une réelle difficulté et peut entraîner des blessures si vous n’êtes pas habitués.

 

Randonner en individuel avec une agence de voyage

Si vous êtes intéressés par cette randonnée, mais ne souhaitez pas vous occuper de son organisation, je vous invite à vous tourner vers l’agence la Balaguère, spécialisée dans le voyage à pied, propose de vous l’organiser (il d’agit d’un format en liberté, ce qui signifie que vous voyagez en individuel, mais la Balaguère s’occupe de vous réserver les hébergements et si besoin du transport des bagages entre les étapes. Deux formules sont proposées :

 

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Randonnée itinérante sur le Chemin de Saint-Guilhem

 

Merci à Lozère Tourisme pour son invitation à retourner découvrir ce département que j’aime tant ! Je reste libre du contenu éditorial et les avis exprimés dans cet articles sont les miens.