Le parc national Uluru Kata-Tjuta, situé à 5h de route d’Alice Springs, regroupe comme son nom l’indique, deux sites à découvrir :

  • Uluru (appelé également Ayers Rock), qui est le rocher le plus connu de l’Australie,
  • Kata-Tjuta (également appelé Mount Olga) situé à une trentaine de kilomètre d’Uluru, qui constitue un massif de dômes rocheux de couleur ocre.

Un parc national extraordinaire que j’ai eu l’occasion de découvrir lors de ma semaine dans l’Outback australien. Comme je le disais dans mon article général, j’ai participé à une excursion organisée (je vous explique pourquoi dans cet article si vous ne l’aviez pas lu), et je n’étais donc pas maître du programme d’où quelques petites déceptions, malgré que j’ai vraiment adoré découvrir cet endroit dont je rêvais depuis longtemps (j’aurais juste préféré pouvoir le découvrir plus lentement, et à mon rythme).

Les formations d’Uluru est Kata-Tjuta issus du même types de formation géologiques, il s’agit d’énormes monolithes dont seule une petite partie émerge de la surface terrestre. Tout comme le Mont Conner que l’on peut voir depuis la route menant à Uluru. Ces trois massifs rocheux forment un ensemble très important et source de nombreux mythes de la culture des peuples aborigènes Pitjantjatjara et Yankunitjatjara vivant depuis des dizaines de milliers d’années dans le centre de l’Australie.

 

Quelques mots sur l’histoire du parc national d’Uluru

Comme un peu partout en Australie, les colons se sont arrogés les terres. Le site fût ouvert au tourisme dans les années 1940, avec une forte croissance et la création d’un aéroport et d’un village touristique autour d’Ayers Rock.

Ce n’est qu’en 1985 que le gouvernement Australien rétrocéda la propriété des terres aux aborigènes Pitjantjatjara et Yankunitjatjara, mais en contrepartie de la gestion du site, il leur a été imposé que l’ascension d’Uluru devait continuer, malgré que cela soit pour eux une profanation d’un lieu sacré. Il faut dire que dans les années 90, les visiteurs ne faisaient pas grand cas de la culture aborigène et près de 70% d’entre eux venaient pour l’ascension du rocher, largement promu par les offices de tourisme. Durant 34 ans, les aborigènes n’ont pas réussi à faire valoir leur droit. Seul un panneau fut installé demandant aux visiteurs de ne pas grimper. Dans les décennies suivantes, la proportion de visiteurs choisissant de réaliser l’ascension diminua pour atteindre 20% à la fin des années 2010. Fin octobre 2019, à l’occasion du 34ème anniversaire de la rétrocession des terres, l’ascension d’Uluru sera définitivement interdite et la chaîne permettant de grimper sera démantelée.

Vous vous en doutez, je n’ai pas entrepris la montée au sommet d’Uluru. Je suis partie dans l’Outback avec l’agence Adventure Tours qui est l’une des agences qui respectent le plus la culture aborigène puisqu’elle fut la première à retirer l’ascension du rocher de son programme de visite. Elle a également supprimé l’alcool du petit cocktail proposé au coucher du soleil.

Mont Conner

Après des kilomètres et des kilomètres de route droite dans le désert australien, un mirage à l’horizon. Serait-ce enfin Uluru ? Pourtant ce rocher qui émerge du sol n’a pas exactement la forme du rocher que l’on a pu voir de nombreuses fois en photos. Serais-ce un mirage ? Une hallucination ? Et bien non c’est tout simplement un autre rocher, le Mont Conner. Il fait partie de la même formation rocheuse similaire qu’Uluru et Kata Tjuta. Haut de 300 m, on le voit bien depuis la route et un point de vue aménagé permet de le voir au loin

Mount Conner

Kata-Tjuta

Ma visite commence par le site des Kata Tjuta (qui signifie“nombreuses têtes” en langues aborigènes) où nous passerons une trop courte après-midi.

Valley of the Winds Walk

L’activité principale de cette partie du parc est la randonnée “Valley of the Winds”, une randonnée spectaculaire de (2-3h, 7,4 km). Cette randonnée est en partie fermée après 11h lorsque la température dépasse 36°C (ce qui est largement le cas début février puisqu’il faisait plus de 40°C). Nous sommes donc contraint à une toute petite marche sur le tronçon de la randonnée qui est accessible et qui permet de se rendre au point de vue “Karu Lookout”. Attention, il est très important de respecter cette interdiction sous peine de fortes amendes.

Kata Tjuta National Park

Karu Lookout - Kata tjuta

 

Dunes Viewing Lookout

Au retour de notre petite marche, nous nous arrêtons au spectaculaire point de vue du Dune Viewings Lookout qui offre un magnifique panorama sur les massifs de Kata Tjuta et de laquelle on peut également voir au loin le rocher d’Uluru.

 

Uluru

Admirer le coucher du soleil sur Uluru

Nous reprenons la route pour le Uluru Sunset Lookout afin d’admirer le coucher du soleil sur le rocher d’Uluru. Il existe plusieurs points de vue : un pour les groupes et un autre juste à côté pour les voyageurs individuels. Nous allons donc au premier. La plupart des agences de tours organisés proposent alors un cocktail apéro plus ou moins luxueux selon le standing. Chez Aventures Tours il n’y a plus d’alcool proposé lors de cet apéro pour respecter les souhaits des aborigènes, autant vous dire que c’est quelque chose d’assez peu respecté parmi les groupes organisés… Un des points forts de cette agence est d’essayer de faire de son mieux pour respecter les aborigènes. C’est d’ailleurs une des premières agences qui avait retiré de son programme l’escalade du rocher Uluru en la remplaçant par des activités permettant de mieux connaitre la culture aborigène.

Pour admirer le coucher du soleil au calme, je vous conseille de prendre le petit sentier très facile “Dune Walk” et de vous éloigner de l’aire de parking des bus où restent agglutinés 90% des touristes. Il fait seulement 500 m aller/retour, mais même sans aller au bout vous serez plus tranquille pour admirer le spectacle.

sentier Dune Walk - Uluru

Les Couleurs du coucher de soleil sur Uluru

coucher du soleil sur Uluru

Avec le soleil couchant, le rocher passe du rouge au violet, puis laisse la place à une nuit noire comme je n’avais jamais vu (d’autant qu’il s’agira de nuits sans lune). Jamais je n’avais vu autant d’étoiles dans le ciel. Je me rends compte à quel point admirer la nuit étoilée est devenu un spectacle aussi rare que précieux et j’avoue en éprouver une certaine nostalgie. Après le repas au camping, je choisi de dormir dehors sous les étoiles dans un swag ( sac de couchage australien intégrant un matelas, une invention géniale !). La nuit est si belle que je rechigne à fermer les yeux pour profiter du spectacle rare et simple des étoiles. La chaleur écrasante de la journée laisse place à une douce fraîcheur agréable, et en quelques minutes à peine je tombe de sommeil.

dormir à la belle étoile dans un swag australien

Admirer le lever du soleil sur Uluru

Le lendemain matin, il fait encore nuit noire lorsque le réveil sonne. 4h20 ça pique un peu, mais avec l’excitation du voyage, c’est plus facile de se lever surtout qu’aujourd’hui nous allons commencer la journée par le lever du soleil sur Uluru ! Bien que le spectacle des couleurs ne soit peut être pas aussi impressionnant qu’au coucher du soleil (surtout qu’ayant un programme chargé nous sommes partis assez rapidement après le lever du soleil – si cela n’aurait tenu qu’à moi je serais bien restée un peu plus longtemps), je crois que j’ai trouvé le lever du jour encore plus magique. Passer de la nuit noire pleine d’étoile à l’apparition de ce paysage fût un moment magique (et ce malgré la centaine de personnes agglutiné sur les plateformes d’observation aménagée au niveau du point de vue ^^)

lever du soleil sur Uluru

Conseil photo : au niveau de la plateforme pour les groupes, il est inutile d’apporter son trépied car la plateforme est faite en planches de bois qui vibrent avec les pas. Le trépied peut être utile seulement au niveau du spot de coucher de soleil où l’on peut observer le rocher depuis un petit sentier de terre rouge.

 

Uluru Base Walk

Après le lever du soleil, notre programme prévoit de parcourir une petite partie de l’itinéraire de randonnée d’Uluru Base Walk, un circuit de 10,6 km (3.5 heures de marche) qui fait le tour du rocher. Nous ne parcourons ce jour-là qu’un petit tronçon de 2 km, néanmoins cette balade est nettement plus intéressante que ce à quoi je m’attendais : s’approcher du rocher permet d’en appréhender les détails. Je regrette de ne pas pouvoir en faire le tour complet.

En cas de forte température, cette randonnée doit être terminée avant 11h.

Uluru Base Walk

Détail du rocher Uluru
le rocher Uluru vu de près

 

Balade Kuniya Walk avec une guide aborigène

Si la balade Uluru Base Walk est écourtée, c’est que nous avons rendez-vous à 10h pour une marche guidée avec une aborigène et son interprète le long de la Kuniya Walk, un itinéraire de 1 km aller/retour menant au point d’eau situé à la base du rocher. La guide ne souhaitant pas être photographiée, j’ai respecté son choix et c’est pourquoi vous ne verrez pas de photo d’elle dans cet article.

Mala Walk - Uluru

La visite dure une bonne heure environ et est ponctuée de nombreux arrêts. Dans sa langue, elle nous explique la culture des Anangus et les mythes liés à Uluru et les Kata Tjuta. L’interprète nous fait la traduction. Je trouve que c’est une bonne idée car les contacts avec les aborigènes sont rares. Même les centres culturels semblent gérés par des australiens blancs.

La marche nous conduit à des abris ancestraux dont certains sont décorés de peintures aborigènes puis au waterhole, le point d’eau qui existe à l’année à la base du Rocher d’Uluru. Avec elle, nous comprenons le caractère sacré du rocher Uluru qui offre à la fois des abris via des petites grottes mais surtout une source d’eau, une ressource inestimable dans un milieu aussi aride. L’eau attirant le gibier, Uluru était également une source de nourriture.

waterhole - Uluru

peinture aborigène sur le rocher Uluru

Si vous visitez le site en indépendant, sachez une visite culturelle gratuite accompagnée par un guide forestier est réalisée chaque jour depuis le parking Mala sur la Mala Walk.

 

Visite du centre culturel aborigène

Nous avons ensuite un peu de temps pour visiter le centre culturel aborigène. L’inconvénient du voyage en excursion organisée est que le temps est un peu limité, j’aurais aimé pouvoir lire toutes les expositions relatives à la culture et à l’histoire lié à la gestion du parc notamment. Mais l’arrêt ici est surtout fait pour éventuellement faire quelques achats et pourquoi pas acheter de l’art aborigène. Je me sens un peu trop pressée pour réellement pouvoir acheter quelque chose (les pris sont assez élevés, une toile coûte facilement une centaine d’euros et il y a un choix assez fou… du coup je ne prends rien).

Gardez cette activité pour les heures les plus chaudes.

Les photos du centre culturel aborigène étant interdites, je ne suis pas en mesure d’illustrer ce paragraphe.

 

Informations pratiques

Conseils pratiques pour visiter Uluru – Kata Tjuta National Park

Si vous visitez le parc en indépendant, vous devrez vous acquittez du droit d’entrée de 25 AUD par adulte (65AUD pour une famille de 2 adultes et 2 enfants) valable 3 jours.

J’ai passé en tout à peine 24 h répartis sur deux jours entre Uluru et Kata Tjuta et clairement c’était beaucoup trop court. Je vous conseillerais d’y passer plutôt 2 journées entières (par exemple 2 demi journée et une journée entière) pour avoir le temps de réellement profiter du parc et d’avoir la possibilité de faire toutes les randonnées en entier. Sachant qu’il n’est pas forcément la peine de rester beaucoup plus de temps car le nombre de randonnées possible est limitée. De plus, si vous voyagez en indépendant, sachez que la plupart des hébergements hors camping proposent des réductions intéressantes pour des réservations à partir 3 nuits.

Durant les fortes chaleurs de l’été austral, il faut veiller à faire très attention à la chaleur et à la deshydratation. Il est recommandé de boire 1L par heure de marche et surtout de faire les plus longues randonnées au lever du jour.

Retrouvez par ici toutes les informations essentielles en français pour la visite du parc ainsi que le plan des balades.

Où dormir à Uluru – Kata Tjuta National Park ?

Concernant les hébergements, il n’y a pas beaucoup de choix. La seule “ville” située à proximité d’Uluru est le complexe touristique de Yulara  “Ayers Rock Resort” qui propose différents types d’hébergement du camping à l’hôtel de luxe en passant par les auberges de jeunesse. Attention, la formule ePack ne s’applique pas pour l’auberge Ayers Rock YHA. L’offre hôtelière étant limitée, il est important de réserver le plus rapidement possible (si possible plusieurs mois à l’avance).

Du fait de son isolement, attendez vous à des prix pour les hébergements à Yulara nettement plus élevés que dans le reste de l’Australie (comptez entre 250 et 450 AUD par nuit pour un hôtel plus classique). Certains hôtels disposent d’une piscine, un atout très appréciable !

Consultez sur Booking les disponibilités et les tarifs des hébergements sur Ayers Rocks / Yulara


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Comment accéder à Uluru – Kata Tjuta National Park ?

Uluru – Kata Tjuta est accessible depuis l’aéroport d’Ayers Rock Connellan (AYQ) qui est situé à 5 km au nord de Yulara ou depuis Alice Springs (comptez 6h de route via la Stuart Highway jusqu’à Erlunda puis Lasseter Highway). Ces deux aéroports sont desservis régulièrement par les compagnies locales Australiennes dont les plus connues sont Qantas, Jetstar et Virgin Australia. Je vous invite à comparer les prix et les horaires vers les deux aéroports avant de faire votre choix.

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(Le 4*4 est indispensable uniquement pour revenir de King’s Canyon vers Alice Springs par la Mereenie Loop ou pour explorer les profondeurs de l’Outback australien).

 

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Visiter Uluru - Kata Tjuta National Park