J’ai terminé mon inoubliable voyage en Australie par une semaine à la découverte du Centre Rouge. Une semaine incroyable dans laquelle je tombais sous le charme de l’immensité des paysages de l’Outback Australien. Si c’était cette partie de l’Australie qui me fascine le plus et que j’avais hâte de découvrir, tout en ayant un peu peur d’être déçue. Vous l’avez compris, cela n’a pas été le cas, j’ai été sous le charme et à vrai dire, ce fût même au delà de mes attentes !

Dans cet article, je vous propose un résumé de ma semaine dans l’Outback Australien (des articles complémentaires seront publiés prochainement). En fin d ‘article, je vous explique pourquoi j’ai choisi de découvrir cette région dans le cadre d’une excursion organisée, ainsi que les avantages et les inconvénients de ce choix par rapport à un voyage en indépendant.

 

Jour 1 et 7 : Alice Springs

Alice Springs, petite ville du centre de l’Australie est bien souvent une étape incontournable, point de départ pour découvrir le Centre Rouge. La ville en elle même n’est pas exceptionnelle et ne mérite pas que l’on s’y attarde trop longtemps. Néanmoins, comme les excursions pour l’Outback partent tôt le matin pour s’achever en milieu d’après-midi ou fin de journée, j’ai eu deux demi-journées de libre pour découvrir cette ville au milieu de l’Australie.

Panorama sur Alice Springs

Retrouvez par ici mon city-guide d’Alice Springs

 

Jour 2 : Route pour Uluru/Kata Tjuta National Park

Le réveil pique un peu ce matin, car j’ai rendez-vous devant le YHA d’Alice Springs à 6h du matin pour mon excursion de 5 jours dans l’Outback australien que j’ai réservé auprès d’Adventure Tours. Adventure Tours est une compagnie qui propose des excursions dans toutes l’Australie relativement bon marché et qui respectent la culture aborigène. J’ai visité avec eux l’île de Kangourou Island et le Centre Rouge et j’ai été très satisfaite du rapport qualité-prix. En contrepartie du prix relativement bas, leur organisation demande un minimum d’investissement personnel des participants sur la base du volontariat pour aider notamment à la préparation des repas, mais rien de très fatiguant je vous rassure.

Pour le Centre rouge, j’avais réservé le tour de 5 jours “Outback Camping Adventure“. Le programme ne fût pas exactement le même que celui prévu puisque la journée consacrée au East Range Mc Donnell fût remplacée par une journée à Owen Spring Reserve et Finke Gorge NP. C’était très bien d’autant que je pense que ce changement à permis de faire un peu moins de route (il y en avait déjà pas mal !)

La matinée est consacrée à un trajet en bus, car nous avons 5 bonnes heures de route avant d’atteindre Yulara, la porte du parc national d’Uluru-Kata Tjuta. La droite est hypnotique, une longue ligne droite qui file à travers le désert. Autour de cette route quelques arbustes qui poussent sur cette terre semi-aride. On ne croise presque personne, hormis les fameux road trains, ces camions australiens capables d’avaler les kilomètres en traînant jusqu’à 3 ou 4 remorques.

route rectiligne de l'Outback australien

Road Train - camion de l'outback australien

Quelques petits arrêts rythment cette route à la fois monotone et enivrante : des stations essences / échoppes tous les 150 km environ. Ce n’est pas le moment d’oublier de faire le plein d’essence. A chaque arrêt, nous sortons du bus nous dégourdir les jambes. La chaleur de février est accablante, l’air est brûlant et l’ombre quasi inexistante. J’ai l’impression de rentrer dans un four à chaque fois que je mets un pied hors du bus (et pourtant celui-ci n’est pas trop climatisé, il doit faire plus de 30°C à l’intérieur).

Station Essence dans l'Outback australien

En plus de sa chaleur, l’Outback australien ne serait pas l’outback sans ses milliards de mouches qui rendent fous. Elles ne laissent pas une seconde de répit et viennent se poser sur nous là où elles sont le plus insupportables : les yeux, le nez, la bouche, même les oreilles ! La seule solution, se procurer au plus vite un filet à mettre sur sa tête… (Heureusement il y en a dans les stations-service le long de la route). Malgré tout elles sont plusieurs dizaines à s’accrocher à ce filet mais ou moins on est “relativement” tranquille. Ceci sont des photos garanti sans trucage pour vous montrer l’étendu du problème…

filet à mouches pour randonner dans l'outback australien
des milliards de mouches dans l'outback australien

 

Après une longue route sans croiser beaucoup de monde, nous nous installons au camping d’Ayers Rock où Adventure Tours possède des petites cabanes “en dur”. Après une pause déjeuner bien méritée, nous reprenons la route pour enfin découvrir Kata Tjuta également appelé “Mount Olga” par les anglais, un massif de 36 dômes rocheux de couleur rouge.

Camping permanent - Ayers Rock

L’après-midi sera consacré à la découverte des Kata Tjuta avec un petit morceau de la randonnée de la Valley of the Winds, et un arrêt au panorama sur les Monts Olga (Kata Tjuta).

Puis nous revenons vers Uluru pour assister au coucher du soleil sur le rocher.

Uluru - Centre rouge de l'Australie

Je vous parlerais plus longuement et plus en détail de ma journée à Uluru-Kata Tjuta National Park dans un article dédié.

 

Jour 3 : Uluru – Route pour Kings Canyon

Après un réveil est très matinal ce matin (4h20 !) nous allons admirer le lever du soleil sur Uluru. Même si le spectacle des couleurs sur le rocher fût un peu moins impressionnant que la veille, j’ai trouvé cela magique de voir le jour de lever progressivement sur le rocher emblématique d’Australie. Notre matinée continue avec une petite marche de 2 km sur une portion d’Uluru Base Walk qui est un itinéraire de randonnée de 8 km faisant le tour du rocher.

Uluru Base Walk

En février dernier, la montée au sommet d’Uluru n’était pas encore officiellement interdite, une chaîne permettaient de se hisser jusqu’en haut. Néanmoins, les Anangu, la tribu aborigène vivant dans cette région, demandent aux visiteurs de ne pas grimper ce rocher. Uluru n’est pas une simple montagne, c’est aussi un lieu sacré, car à la base du rocher se trouve une résurgence d’eau qui leur était très précieuse (en plus d’être une source d’eau potable celle-ci attirait le gibier). Comme souvent, les croyances trouvent souvent leurs racines dans des faits réels. Notre guide nous a expliqué qu’avec l’afflux touristique (notamment les gens urinent sur le rocher vu qu’il y a évidemment pas de toilettes ni sur la montée ni au sommet) cette source est désormais polluée et aujourd’hui inutilisable par les humains et les animaux. D’autres part, les aborigènes vivant en symbiose avec la nature ressentent une grande culpabilité lors d’accidents (parfois mortels) qui peuvent avoir lieu lors de l’escalade rocher.

Depuis la colonisation de l’Australie par les Anglais, le peuple aborigène d’Australie a ses droits les plus élémentaires bafoués. Leurs terres et même leurs enfants furent confisqués. Les aborigènes semblent encore aujourd’hui seulement toléré sur le continent australien et vivent dans les lieux les plus reculés du pays. Aujourd’hui, l’Australie semble petit à petit se rendre compte du mal causé et tente des petits pas vers la réconciliation. Le parc national Uluru-Kata-Tjuta a été rendu aux aborigènes en 1985, mais ce n’est qu’en octobre 2019, que leur volonté d’interdire la montée en enlevant la chaîne permettant l’ascension du rocher, sera enfin respectée. En attendant, il me semble essentiel de respecter leur volonté et de s’intéresser à leur culture pour mieux les comprendre. Si vous voulez faire de l’escalade il y a des milliers d’autres montagnes dans le monde.

Mais il y a heureusement des choses intéressantes à faire à Uluru en respect avec la culture aborigène. Avec notre excursion, nous avions un tour guidé avec une aborigène membre de la tribu des Anangu et son interprète. Celle-ci a pu nous présenter quelques facettes de sa culture. Nous avons ensuite fait un petit tour au centre culturel aborigène où sont exposées des œuvres et des expositions thématiques (qui reprenaient pas mal d’éléments vus juste avant avec notre guide).

Nous avons ensuite déjeuner au camping avant d’entamer la longue route pour Warrtaka National Park (King’s Canyon) où nous avons passé la nuit.

 

Jour 4 : Kings Canyon – Warrtaka National Park

Encore une fois, le lever est matinal (4h20 !) car nous avons pour objectif de démarrer la randonnée de King’s Canyon Rim Walk (6km, 3h30 avec les pauses) aux premières lueurs du jour, pour la terminer si possible bien avant 11h et éviter les grosses chaleurs (encore 41°C prévu aujourd’hui à l’ombre sachant que celle-ci est rare dans le désert australien !) La randonnée est extraordinaire, je pense vous en reparler dans un article dédié.

Nous retournons à King’s Canyon Campground, pour une pause bien méritée au bord de la piscine, avant de déjeuner et de reprendre la route pour Erlunda où nous dormirons ce soir là (et à nouveau nous pourrons profiter de la piscine de l’hôtel ! Une des rares choses à cet endroit).

KingsCanyon Rim Walk

Nuit Camping Erlunda

 

Jour 5 Finke Gorge National Park – Palm Valley

Une longue route nous attends pour rejoindre Palm Valley, une incroyable oasis dans le désert australien, depuis Erlunda via la magnifique piste qui traverse Owen Spring Natural Reserve (4 WD obligatoire !)

Owen Spring Natural Reserve

La route dans l’Outback Australien est souvent monotone, mais réserve parfois quelques surprises comme ce troupeau de chevaux profitant de l’un des rares points d’eau pour s’abreuver. L’été 2019 fût particulièrement rudes en Australie et de nombreux chevaux sauvages n’eurent pas la chance de trouver suffisamment d’eau. Ces chevaux sauvages sont des descendants des chevaux importés par les colons échappés ou perdus. Dans l’Outback, on peut aussi apercevoir des chameaux et dromadaires, qui furent importés par les afghans notamment lors de la construction de la ligne de télégraphe entre Darwin et Adélaïde. Ils furent peu à peu abandonnés à eux même avec l’apparition des moyens de transport motorisé. Je n’ai pas eu l’occasion dans voir de près lors de mon cours séjour.

Chevaux sauvages de l'outback australien

Après plusieurs heures de route, nous voilà enfin arrivés à Finke Gorge National Park où nous ne verrons qu’une seule partie : Palm Valley, une étonnante oasis dans le désert.
Les deux derniers kilomètres de la piste menant Palm Valley sont difficiles : ils faut franchir de la roche et du sable. Je suis contente de ne pas avoir à conduire : ce n’est pas le tout d’avoir un 4*4, encore faut-il arriver à s’en servir pour ne pas s’enliser.

Palm Valley - Finke Gorge NP - Australie
Au programme, nous suivons la petite boucle d’Arankaia Walk de 1 km seulement (que nous mettrons quand même deux heures à parcourir entre les pauses photos et les explications du guide !). Bien que les paysages soient magnifiques, je suis un peu frustrée de restée aussi peu de temps, de ne pas faire une boucle plus longue ou une seconde randonnée. Mais il est déjà temps de reprendre la route pour West MacDonnell NP. Nous faisons un trop court arrêt à Hermannsburg où vit une communauté aborigène ouverte aux non aborigènes. Malheureusement, nous n’avons pas le temps de visiter le quartier historique, nous nous contentons seulement d’un court arrêt au supermarché (qui nous montrera juste l’énorme différence entre les supermarchés australiens et les supermarchés des aborigènes où la malbouffe règne en maître…).

Heureusement, nous terminons la journée par une balade bien sympa qui me fait un peu oublier les frustrations de la journée : un aller/retour à Redbank Gorge, un spot fabuleux et inattendu après 4 jours dans le désert puisque l’on peut s’y baigner !

Redbank Gorges - West MacDonnell National Park
Nuit bush camp près de Redbank Gorge

 

Jour 6 : West MacDonnell National Park

Notre dernier jour fût consacré à la découvert des principaux points d’intérêt du West MacDonnell National Park, un parc situé aux portes d’Alice Springs et dont la particularité est de posséder de nombreux points d’eau permanents dans lesquels il est possible de se baigner. Le rêve surtout lorsque l’on voyage dans le désert en plein été.

Nous l’avons parcouru d’Ouest en Est pour revenir doucement mais sûrement vers Alice Springs où notre tour s’achève en milieu d’après midi.

randonnée Ormiston Gorge

Waterhole - Ormiston Gorges
Ochre Pits - West MacDonnell NP

Je vous proposerais un article complet sur cette magnifique destination à ne pas louper dans l’Outback est facilement accessible depuis Alice Springs grâce à une route bitumée.

 

Faut il opter pour un tour organisé pour visiter l’Outback ?

 

Les avantages

Pour moi ce type de tour propose de nombreux avantages surtout dans le cas où l’on voyage seul

  • cela évite de conduire sur des routes longues et fatigantes (paysages assez monotones)
  • on se sent plus en sécurité (notamment en été et pour les randonnées lorsque le risque de deshydratation est élevé).
  • cela ne revient pas forcément beaucoup plus cher quand on voyage en solo (location de voiture 300 € – les location de voiture sont beaucoup plus cher dans le centre de l’Australie – , essence au moins 100 €, sans compter les hôtels et les repas (surtout que février étant la période basse pour le Centre Rouge, j’ai pu profiter de 20% de réduction sur le prix normal de l’excursion). A titre d’exemple, j’ai payé 1069 AUD (tarif hiver austral 2019) soit environ 650 € pour l’excursion de 5 jours “Outback Camping Adventures” que j’ai réservé auprès d’Adventure Tours.

Voici d’autres avantages :

  • Les agences proposent des tours bien rodés et dont l’organisation tiennent compte de la saison (durant l’été austral, nous faisions des courtes nuits – réveil vers 4h20 presque tous les jours ! pour randonner à la fraîche et se reposer durant la route l’après-midi (d’où l’intérêt de ne pas conduire ^^).
  • Les formules en mode camping permettent de dormir à la belle étoile sous la voie lactée et tester le swag australien (seule j’aurais dormis dans des hostels). Ensuite, je pense que cela est d’autant plus réalisable en été lorsque la nuit n’est pas froide. J’avais à peine un petit sac à viande, mon sac de couchage transporté spécialement pour ces nuits, ne m’a servi que d’oreiller !

camper dans un swag dans l'outback australien

Bus 4*4 d'excursion à Finke Gorge NP

Les inconvénients

  • Revient plus cher à partir du moment où vous êtes plus de 2
  • Il n’est pas indispensable de passer par un tour car la plupart des routes sont bitumées (et toute les routes reliant Alice Springs, Uluru et King Canyon emprunté par le tour le sont). Les tours organisés n’empruntent en général pas la Mereenie Loop pour revenir de Kings Canyon, mais retourne par Erlunda. Dans mon tour, seule la partie Finke Gorge NP et Owen Spring Natural Réserve nécessitait un véhicule 4 WD. Tout le reste pouvait se faire avec un véhicule standard.
  • Pour moi l’inconvénient principal est la durée limitée des tours (j’aurais bien fait un tour plus long que 5 jours avec plus de randonnées).
  • J’aurais notamment aimer pouvoir faire de plus de randonnées (et plus longues). J’aurais aimé pouvoir faire Valley of Winds et Uluru Base Walk en entier. De plus, après autant de route, j’aurais préféré découvrir plus en profondeur le parc national de Finke Gorge NP plutôt que de me limiter à une courte marche de 2h.

En tout cas, je ne regrette pas du tout d’être passé par un tour organisé, car en plein été je craignais de randonnées seule par cette chaleur. De plus, malgré le fait que j’aurais aimé plus marcher, j’ai trouvé que le tour était bien organisé et même si j’ai eu le sentiment d’entrevoir la beauté de l’Outback Australien, il faut reconnaître que l’organisation était bien rodée et permettait de voir pas mal de choses en un temps relativement court.

 

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Une semaine dans l'Outback Australien : Uluru, Kata Tjuta, Kings Canyon et West MacDonnell National Park