Paysage japonais autour de Nara

Quand on va à Nara, on visite essentiellement le temple Todai-ji et son immense parc, aux lanternes et aux daims en liberté. C’est un endroit extraordinaire que j’avais pu découvrir lors de mon premier voyage au Japon. Ce temple magnifique, dont je vous parlerais dans un prochain article, est en effet considéré à juste titre comme un des incontournables d’un voyage au Japon.

Pour notre second séjour, nous avons voulu profiter d’une étape à Nara pour découvrir la campagne japonaise, sur un circuit hors des sentiers battus, tellement hors des sentiers battus que je n’ai trouvé aucune information en français sur ce chemin, qui pourtant traverse des paysages magnifiques, et est ponctué de multiples points d’intérêts (temples, tombes d’empereurs…). Ce sentier, connu sous le nom de Yama-no-be-no-michi est en plus facilement accessible en transport en commun depuis Nara (à peine 15 minutes de trajet !). Nous avons fait un tronçon de 13 km (4h de marche environ) qui relie la gare JR/ Kintetsu Tenri à la gare JR Miwa, mais il est possible de poursuivre 2 km de plus jusqu’à la gare JR Sakurai.

L’itinéraire est décrit dans le guide Lonely Planet “Hiking in Japan” disponible en anglais uniquement. Sinon l’itinéraire de la randonnée, connu des japonais comme l’un des plus vieux chemin du pays, est disponible à l’office du tourisme situé au niveau de la gare Tenri. Ça vaut vraiment le coup de le prendre car il est en anglais et bien pourvu d’explications sur les différents points d’intérêt que l’on croise en chemin. Le guide Lonely Planet est quand même pratique, car ils ont pensé (contrairement à la majorité des prospectus japonais), a écrire chaque lieu en anglais ET en kanji (car le prospectus en anglais quand tous les panneaux sont en kanjis c’est un peu limite…), même si ici, le chemin est très bien balisé et souvent dans les deux alphabets :

balisage de l'itinéraire Yama no be no michi

Alors je ne vous cache pas que l’on a eu au départ un grand moment de solitude, puisque pour rejoindre ce fameux chemin, il faut d’abord traverser une interminable galerie commerçante puis des quartiers sans intérêt. Bref, une demi-heure plus tard, nous arrivons (enfin !) au temple Isonokani-jingû, qui marque le début de la partie vraiment intéressante de la randonnée !

Et c’est partie pour un bel itinéraire à travers les vergers et rizières japonais. La campagne japonaise est particulièrement belle car elle se caractérise par de petites parcelles. Le paysage change très rapidement.

Temple Isonokami-jingu

campagne japonaise autour de Nara

Epouvantail Japonais
champ de kakis sur le yama-no-be-no-michi

C’est la pleine saison des kakis. Le long du chemin, on en trouve à vendre : il suffit de prendre un petit sac de kakis et de laisser une pièce en échange. Il nous a bien fallu quelques minutes, perplexes, pour comprendre le concept, et surtout la raison pour laquelle on ne trouve aucun vendeur à l’horizon à qui donner notre pièce ! Mais nous nous rappelons que nous sommes au Japon, un des pays où les gens sont surement les plus honnêtes, et où il ne viendrait à personne l’idée de prendre les kakis sans payer !

Nous sommes les seuls étrangers à se balader ce dimanche là. Les japonais dont nous croisons le chemin ne tarissent pas d’étonnement et se demandent bien ce qu’on peut faire là, et de quel pays nous venons ! Du coup, nous engageons la conversation facilement avec de nombreux randonneurs. Contrairement à l’image que l’on a souvent d’eux, les japonais sont vraiment très ouverts et très rigolos.  On leur donne bien souvent cette image car ils sont génés de ne pas parler notre langue et de ne pas pouvoir nous aider. C’est pour cela que dans ce pays, peut être plus qu’ailleurs, maitriser quelques mots de japonais est essentiel. Une fois qu’ils ont vu comment nous parlions mal japonais, ils sont décomplexés de mal parler anglais et finalement on échange avec les mains. Les japonais sont très expressifs et sont très fort pour cela ! Ce jour là, c’était eux qui venait vers nous plein de curiosité à notre égard. Et c’était vraiment super d’arriver à échanger quelques mots avec eux ! Si le japonais est extrêmement difficile à apprendre à lire et à écrire, ce n’est pas si dur d’apprendre quelques phrases rudimentaires, via des livres type “méthode assimil” car notre langue possède toute leur sonorité. Bien sur, cela ne fait pas de miracles, mais cela permet au moins de briser la glace à défaut de se faire comprendre 🙂

Les rizières et la montagne du Kansai autour de Nara

Arbre à Kaki - Japon
Campagne japonaise autour de Nara

 cimetière japonais

petit potager japonais
paysan dans les champs - Japon

 LE chemin de randonnée Yama no be no michi

rizières
fleurs sauvages multicolores - japon

Si cette balade n’a peut être rien de particulier, pas de temple incontournable comme à Kyoto ou même de point de vue à couper le souffle, c’est pourtant une des randonnées que j’ai préférée de notre voyage au Japon. La balade est très paisible, les paysages magnifiques, et la campagne japonaise étant si différente de la notre, finalement très dépaysante.

Même si les temples ne sont pas LES temples à voir au Japon, je vous conseille de prévoir 1 h ou 2 de marge sur l’itinéraire de la randonnée pour les visiter (surtout le temple Chogaku-ji), faire un petit détour dans le village de Takenouchi fortifié et entouré de douve , où encore s’approcher de plus près des tumulus des empereurs.

Temple Chogaku-ji - Japon

toit du temple japonais Chogaku-ji

ville fortifiée de Takenouchi - Japon

Tombe d'un empereur japonais

Nous quittons la randonnée au niveau du temple Omiwa-jingu pour rejoindre la gare de Miwa. Ce temple est le plus monumental que nous verrons sur le chemin. A noter, l’entrée principale du temple se fait au travers du deuxième plus grand tori du Japon !

temple omiwa-jinja - Sakurai - Japontemple byodo-ji - Sakurai - Japon

Si vous faites cette randonnée, pensez à vous munir d’eau et de pique-nique, car on ne croise pas grand chose. Même les distributeurs automatiques de boisson se font rares dans le coin ! Enfin je vous rassure, on a quand même trouvé de la Volvic ! (J’ose pas imaginer son bilan carbone…. :/)

de la volvic dans un distributeur de boisson en pleine campagne au Japon !