Presque 2 ans après, il est  enfin temps que je vous raconte la troisième et dernière étape de mon trek au Népal : le trek du Balcon des Annapurnas . (Retrouver les deux premières étapes par ici : le trek du Mardi Himal, un trek sauvage dans une région préservée, le trek du Sanctuaire des Annapurnas, un trek touristique dans des paysages à couper le souffle). Les souvenirs commencent à être diffus. Mais heureusement, en me replongeant dans mes nombreuses photos et mon plan de la Zone de Conservation de l’Annapurna, j’ai pu faire revivre ses souvenirs si précieux et retracer le chemin parcouru au cœur de l’Himalaya.

Ce dernier trek est relativement facile : il peut être fait indépendamment du reste en quelques jours, et on reste en altitude “modérée : le plus souvent entre 1000 et 2000 m avec un point culminant étant Poon Hill à 3200m, ce qui permet de s’affranchir du mal des montagnes. L’avantage de ce trek par rapport aux 2 autres et qu’il s’agit du seul trek où l’on peut avoir un aperçu du mode de vie des habitants de cette partie du Népal, puisque l’on traverse de “vrais” villages, alors que pour le Mardi Himal ou le Sanctuaire des Annapurnas, les “villages” ne sont que des lodges et restaurant pour touristes.

 

Jour 10 : Chromong -> Gandruk via Kimrong et Komrong

Vallée de Kimrong Khola - Annapurnas - Népal

Pour rejoindre Gandruk, nous ne prendrons pas la route directe : nous avions déjà marché le long de la vallée de Modi Khola à l’aller entre Landruk et Chromong. Notre guide nous propose de faire un détour par la vallée de Kimrong Khola. Le détour est un peu plus long et possède plus de dénivelé cumulé car nous avons 2 vallées à traverser, mais après 10 jours de marche, on commence à avoir l’habitude de monter et de descendre !

Vallée de Kimrong Khola - Annapurnas - Népal

Si le trek du Sanctuaire des Annapurnas nous emmenait à travers des paysages grandioses comme je n’ai que rarement eu l’occasion de contempler, il m’avait un peu laissé sur ma faim au niveau culturel. En effet, les seuls “villages” traversés étaient des successions de lodges uniquement destinés aux touristes. Au delà d’une certaine altitude, d’un certain isolement, il n’y a presque plus de trace de la civilisation népalaise. Heureusement, en revenant sur Chromong, le paysage change. On traverse des villages avec de “vrais” habitants, des paysans s’activent dans les pâturages en terrasses. Bref, nous ne sommes plus qu’entre touristes !

Le temps est couvert dès le matin. A partir de ce jour là, nous n’aurons plus un très beau temps. Les Annapurnas resteront quasiment tout le temps caché dans les nuages. Tant qu’il ne pleut pas c’est déjà ça. L’étape n’est pas très difficile, peut être aussi que l’on commence à s’habituer à l’effort.

Après plusieurs heures de marche entre villages et pâturages, nous atteignons Gandruk, une des plus grosses villes du coin. De là, nous pouvons profiter d’une magnifique vue sur la vallée de Modi Khola : en face de nous : Landruk et le massif du Mardi Himal où nous étions la semaine passée !

Gandruk est une des plus jolies villes traversées lors de notre trek. Elle est constituée de nombreuses maisons d’architecture traditionnelles des Annapurnas. Le guide nous fait découvrir la ville et son petit temple bouddhiste. L’occasion d’en savoir un peu plus sur les coutumes et croyances du Népal. Nous continuons avec la visite du petit musée éthnographique “Old Gurung Museum”.

Village de Gandruk - Annapurnas - Népal

Village de Gandruk - Annapurnas - Népal
Village de Gandruk - Annapurnas - Népal


Moulins à Prières d'un temple bouddhiste - Annapurnas - Népal

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Dessin de Bouddha - Temple de Gandruk - Annapurnas - Népal

La journée se termine dans un hôtel “en dur”, avec salle de bain privative et eau chaude. Le grand luxe !

Jour 11 : Gandruk -> Tadapani

Village de Gandruk - Annapurnas - Népal

une femme du Népal

Ce jour sera la plus courte étape de notre séjour : seulement 3 heures de marche. Néanmoins, nous ne nous plaignons pas car

  1. il fait un temps de chien,
  2. on commence a être assez fatigués par le trek

Je ne retiendrais pas grand chose de cette journée de marche dans la jungle. On marche assez vite pour ne pas être trop mouillés, et on commence à connaître les paysages de l’Annapurna. On arrive pour déjeuner au lodge de Tadapani. Avec le temps est pluvieux, on passera une bonne partie de l’après midi à enchaîner les tasses de thés pour se réchauffer et jouer aux cartes avec d’autres trekkeurs français rencontrés sur le chemin.

Dans notre lodge, il y a également un groupe de japonais. Ils sont nombreux sur ce trek qui peut être réalisé en quelques jours seulement. Contrairement aux groupes de français qui passent leur temps à parler en même temps que le guide, c’est assez impressionnant de les voir écouter très attentivement leur guide et de le saluer à chaque fin de phrase !

Finalement, les nuages commencent à se lever un peu et laisser deviner quelques sommets des Annapurnas. Les japonais sont euphoriques et dégainent leurs appareils photos. Nous on est un peu blasés, on les a vu tellement mieux les jours précédents. Toutefois, on se laisse influencer par l’ambiance générale et on sort prendre l’air et faire quelques photos nous aussi !

les annapurnas derrière les nuages
les touristes à Tadapani pour vois les montagnes de l'Annapurnas

Jour 12 : Tadapani -> Ghorephani

Jungle des Annapurnas - Népal

Si l’étape Gandruk -> Ghorephani peut être faite en une journée, cela représente une sacrée marche. Ainsi il peut être plus agréable de le faire en deux étapes. C’est l’option que notre guide avait retenu et heureusement car le lendemain sera une grosse journée de marche.

Le ciel est toujours gris dès le matin, même si l’on peut voir le sommet des Annapurnas. La première partie du sentier sera une marche dans la jungle. Plus de pâturages, plus de villages. De la forêt à perte de vue. Ici et là encore des rhododendrons en fleurs. On s’arrête déjeuner au niveau de Ban Thanti, le seul “village” de l’étape. On se retrouvera bientôt en plein milieu d’un troupeau de chèvres ! Les villageois les déplacent pour réaliser un sacrifice non loin de là à l’occasion de la nouvelle année tibétaine. Apparemment, cela porterait bonheur, jeunesse et vitalité de boire le sang de la chèvre fraîchement égorgée…. beurk… Moi qui croyais que le bouddhiste était une religion où l’on ne devait tuer aucun animal…pause déjeuner au milieu des chèvres

femmes népalaisesEncore une fois, nous ne resterons pas dans le coin assister au sacrifice car nous avons du chemin à parcourir. Les chèvres sont auront gentiment laissé quelques sangsues…Dans la cohue celles-ci ont giclées, dans tous les sens, gonflées de leur sang… moment glamour bonjour !

Après la pause déjeuner, le chemin continue sur une crête et dévoile peu un peu un magnifique panorama sur les environs. Le soleil est de retour pour notre plus grand bonheur. On savoure cette journée, un paysage magnifique, un sentier facile, des rhododendrons en fleurs par centaine. Si l’on croyais que l’on pouvait se lasser du Népal et bien la réponse est non ! Chaque vallée a son caractère, ses petites choses qui la différencie d’une autre…

paysage des Annapurnas

Deurali Pass
Vue sur Ghorephani avec des rhododendrons en fleurs
cairn - népal

En fin de journée nous atteignons Ghorepani, une grosse ville de trekkeur à l’intersection de plusieurs sentiers, dont le célèbre trek du tour des Annapurnas. Je vous le dis tout de suite, cette ville est très moche, beaucoup d’hôtels qui ressemblent surtout à des barres en béton et en fausses pierres (sans doute pour faire joli sauf que c’est moche !), des commerces uniquement pour les touristes. Il est bien loin le charme de Gandruk ! Le soir, nous assistons à un concert pour fêter le nouvel an tibétain et l’entrée dans l’année 2072 ! Et oui on a un peu d’avance sur l’occident par ici !

Porte d'entrée pour Ghorepani - Poon Hill
Ghorepani

Jour 13 : Ghorephani -> Poon Hill -> Sudame

Réveil 4h du matin. Décidément, le Népal appartient à ceux qui se lèvent tôt ! De tout façon, on a pris le rythme, comme il fait nuit et froid vers 18h on traîne rarement après 20/21h…

Ce matin, il est prévu de rejoindre l’observatoire de Poon Hill pour observer le lever du soleil sur le massif des Annapurnas. Nous ne sommes pas tout seul, cette attraction… Aller à Ghorepani sans aller voir le lever du soleil à Poon Hill c’est un peu comme aller à Paris sans voir la Tour Eiffel. On croise les doigts pour que l’on puisse voir quelque chose du célèbre panorama car depuis quelques jours, le ciel est assez bouché.

Sur le chemin, nous marchons les uns derrières les autres pendant une grosse heure pour rejoindre le point de vue. En haut de la colline de Poon Hill, un observatoire a été construit mais on voit tout aussi bien d’en bas. Le soleil se lève petit à petit et malgré les nuages, on peut admirer la chaîne du Dhaulagiri, les Annapurnas et le Machapuchere. La vue est déjà magnifique avec les nuages, alors je n’ose pas imaginer comme c’est beau avec un ciel bleu. On regarde les Annapurnas avec un petit pincement au cœur : c’est dans leur Sanctuaire que l’on était il y a quelques jours, et c’est l’une des dernières fois que nous les verrons. Il est temps pour nous de leur dire au revoir et de prendre la route.

panorama de Poon Hill au petit matin

Au programme du reste de la journée : un gros dénivelé négatif (-1800 m) et des escaliers en pierre à n’en plus finir. Mes genoux se souviendront de cette journée. Mes bâtons de randonnées suffisent à peine à les soulager. Mais petit à petit, marche après marche, nous finirons par atteindre Tikhedhunga.

Paysage de l'Annapurna

les escaliers de pierre de l'Annapurna

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les escaliers de pierre de l'Annapurna

Nous pensons (nos porteurs aussi visiblement car quand on les rattrape on les retrouve changer et occuper de jouer à une sorte de billard népalais) que nous sommes arrivés. On n’en peut plus, mais le guide nous dit qu’il faut encore continuer, il reste une petite heure de marche. Les porteurs ne semblent pas avoir l’air au courant non plus car on sent que la tension monte dans l’équipe. Après une petite pause thé, c’est donc reparti pour Sudame. Le chemin n’est pas si horrible que cela, visiblement c’en est fini des escaliers de pierre.

Arrivée sur le village de Tikhedhunga - Népal
billard népalais

Après 1 heure de marche, nous arrivons enfin à Sudamé au Muskan Lodge & Restaurant. Noter bien cette adresse si vous faire un trek dans la région, car ce lodge est de loin de le meilleur dans lequel nous avons mangé !

Tout les lodges des Annapurnas proposent grosso-modo le même menu : pain gurung / chapati / pancake au petit déjeuner, dal bhat (=riz/soupe de lentille/curry de légume) et ses variantes, omelette… mais plus ou moins bien préparé selon les lodges. Visiblement, ils n’ont pas homogénéisé leurs recettes… Quelque fois, le pain du petit déjeuner est servi chaud (miam miam) quelque fois on se demande s’il non pas ressorti le pain de la veille…

Au Muskan Lodge Restaurant, tout est préparé à la demande, ce qui explique une assez longue attente malgré le fait que l’on était très peu nombreux (c’est un tout petit lodge). Le soir, nous avons commandé des momos (sorte de ravioli fourré à diverses choses) qui étaient tout simplement une tuerie et de même le matin avec nos pancakes à la banane !

Muskan Lodge et Restaurant - Sudame

Jour 14 : Sudame -> Birethanti -> Pokhara

Après avoir repris des forces avec l’excellent petit déjeuner, notre guide nous presse de repartir pour Nayapul. La journée est assez chargée car nous devons ensuite reprendre la route pour Pokhara (environ 1 heure de trajet, ce n’est pas loin en kilomètres, mais la route est tortueuse et en mauvais état et il y a pas mal de circulation à l’arrivée) pour visiter la ville puis reprendre l’avion pour Katmandou.

paysage de l'Annapurna - Népal

paysage de l'Annapurna - Népal
paysage de l'Annapurna - Népal

Le sentier est facile : une pente douce qui devient peu-à-peu une piste accessible au 4*4. Nous marchons une bonne heure entre les rizières avant d’atteindre Birethanti. Le pont marque la limite de la zone de conversation de l’Annapurna et avec lui la fin du trek. C’est le moment de faire une photo souvenir, une photo sur laquelle on peut voir mes traits tirés par la fatigue. Pourtant, si effectivement je me souviens en avoir bavé sur le moment (surtout mes pauvres genoux), je ne retiens de ce voyage que des souvenirs de paysages incroyables et une intense envie de repartir en trek !

le pont de Birethanti : limite de la zone de conservation des Annapurnas

photo souvenir de la fin du trek
le pont de Birethanti : limite de la zone de conservation des Annapurnas

Le passage entre la zone paisible de conservation de l’Annapurna et la ville de Birethanti se fait sans transition. Le temps de traverser ce pont et nous pénétrons dans une ville poussiéreuse et désordonnée. C’est très calme comparé à Katmandou, mais quand même …

Ville de Birethanti

Nous rejoignons notre minibus qui nous emmène à Pokhara. Nous n’aurons pas beaucoup de temps pour visiter cette ville très touristique. J’avoue que je serais rester un peu plus longtemps, histoire de louer une barque et de naviguer sur son lac paradisiaque.
lac de Pokhara

A peine le temps de déjeuner et de se balader au bord du lac que nous devrons prendre la direction de l’aéroport. Nous embarquons à bord des petits avions de Yeti Airlines. Je ne sais pas trop quoi vous dire à propos des compagnies aériennes népalaises. Dans notre cas, le vol s’est très bien passé. Néanmoins les accidents d’avion au Népal sont plus fréquents qu’ailleurs. Les compagnies aériennes népalaises sont toutes sur la liste noire de l’Union Européenne depuis 2013. J’ai pu également constaté que les agences de trek en France avaient remplacé les trajets en avion par des trajets en bus lorsque cela était possible. L’ambassade de France ne se mouille pas plus que moi vu qu’elle ” ne peut en aucun cas donner des conseils en matière de choix d’une compagnie aérienne. Plusieurs accidents d’avion ont eu lieu au Népal ces dernières années (vols nationaux). Les voyageurs doivent avoir conscience que les risques liés à un vol intérieur au Népal sont supérieurs à la moyenne mondiale. En zone montagneuse, particulièrement, les mauvaises conditions météorologiques augmentent les risques pour la sécurité et peuvent entraîner d’importants retards.”

Personnelle j’ai eu plus peur à l’aller sur la route avec les camions qui roulent n’importe comment, que sur ce trajet en avion. Mais bon à chacun de prendre ses risques et je ne saurais être tenue responsable de vous avoir influencé à prendre l’avion en cas de crash 🙂
Yeti Airlines - népal

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Trek du Balcon des Annapurnas : un trek relativement facile pour découvrir un de plus belles régions du Népal