Disclaimer : Je ne suis pas médecin. Cet article a pour but de vous sensibilisez au Mal Aigü des Montagnes et repose sur les connaissances que j’ai acquises en me renseignant avant de partir en voyage au Népal et mon expérience personnelle sur place. Si jamais une erreur s’est glissée n’hésitez pas à me le dire pour que je puisse la corriger. Si vous projetez un trek au Népal, cela ne remplace pas une consultation préalable chez votre médecin traitant. Ces conseils sont également destinés aux personnes désireuses de faire un trek, et non de l’escalade, et s’adressent à ceux qui prévoit une longue randonnée entre 3000 et 5500 m, au Népal ou ailleurs.

 

Si vous envisagez de faire un trek au Népal, ou dans un autre pays de haute altitude, il est essentiel d’être sensibilisé au Mal Aigü des Montagnes (MAM pour les intimes), un symptôme qui touche près de 40% des gens à plus de 5000 m d’altitude, et qui peut concerner tout le monde, même les plus sportifs ou les habitués de la montagne. C’est un sujet que j’avais abordé brièvement dans mon article sur mes conseils pour partir en trek au Népal et sur lequel je voulais revenir plus en détail.

En effet, le Mal des Montagnes peut avoir des conséquences dramatiques puisqu’il peut entraîner un œdème pulmonaire, un œdème cérébral, et la mort. Mais c’est aussi un mal qui peut être évité si l’on suit une acclimatation progressive à l’altitude. Encore faut-il l’identifier à temps pour permettre à son corps de s’adapter. Dans cet article, je vous parle de mon expérience avec le MAM au Népal (symptômes légers uniquement) et des conseils pour que votre trek au Népal se passe au mieux.

Vallée de la Modi Khola - Annapurnas

 

Que ce que le Mal Aigü des Montagnes ?

Le Mal Aigü des Montagnes est provoqué par la faible pression de l’atmosphère en altitude. Si la composition de l’air ne change pas (environ 21% d’oxygène et 78% d’azote), il y a moins de molécules d’oxygène pour un même volume donné. Ainsi, pour une même respiration, l’organisme ne pourra capter qu’une plus faible quantité d’oxygène. C’est pourquoi on se sent souvent essoufflé et rapidement fatigué en montagne, surtout les premiers jours, le temps que notre corps s’adapte.

Quand on dépasse une certaine altitude (3000-3500 m), l’air devient si pauvre en oxygène, que des effets plus ou moins grave peuvent se faire sentir.

Arrivée sur le village de Tikhedhunga - Népal

 

Quels sont les premiers symptômes ?

Les symptômes du mal des montagne vont se déclencher progressivement au fur et à mesure de la montée en altitude. Les premiers symptômes sont généralement un fort essoufflement et des maux de tête. C’est ce niveau de mal des montagnes que j’ai pu ressentir lors de mon trek. A ce niveau là rien de grave, mais il ne faut pas pour autant les ignorer. En trek, on peut être tenté de mettre de côté ces symptômes (surtout si on voyage en groupe), ou de mettre cela sur le compte de la fatigue, d’une mauvaise nuit… et c’est là que cela peut devenir grave. En trek en altitude, soyez extrêmement attentifs aux signaux envoyés par votre corps.

Ensuite d’autres symptômes peuvent se déclencher comme des vomissements, de l’insomnie, des vertiges, un essoufflement au repos… Les symptômes du MAM étant liés à l’altitude, si les symptômes persistent, il faudra envisager soit une séance de repos en caisson hyperbare si cela est possible ou sinon la redescente. Bien évidement, si des symptômes plus graves sont identifiés (lèvres bleues au réveil par exemple), il faudra envisager rapidement l’évacuation par hélicoptère. Pour éviter que les symptômes du mal des montagnes vous touche sous la forme la plus grave, il faut donc être à l’écoute de son corps et suivre quelques règles comme une montée très progressive en altitude et parfois des paliers d’adaptation (plusieurs jours à la même altitude avec du repos).

 

Drapeaux de prières bouddhistes

 

Que faire en cas de premiers symptômes du MAM ?

Avant même l’apparition des premiers symptômes, il est recommandé de boire beaucoup d’eau en altitude, environ 3 L d’eau par jour. Cela peut-être bien plus que ce que l’on aurait envie de boire ! N’attendez pas d’avoir soif, buvez, restez bien hydraté, cela peut aider à ralentir l’apparition du MAM.

Dès les premiers symptômes, et notamment le mal de tête, il faut prendre un cachet d’antalgique ou paracétamol 1g. Si les symptômes s’estompent au bout d’une heure, vous pouvez continuer à monter. Si ce n’est pas le cas, il va falloir commencer à rester en alerte et à prioriser sa bonne acclimatation à l’altitude.

Si vous êtes en groupe avec un guide (de manière générale évitez de partir seul en trek, s’il vous arrive un problème cela sera difficile pour appeler à l’aide), alertez-le sur vos symptômes, même s’ils vous semblent mineurs. Personnellement, j’ai trouvé que la tentation est forte de vouloir continuer avec la pression du groupe et l’envie de ne pas être celui ou celle qui retardera tout le monde. Mais ne laissez rien passer car les conséquences peuvent être très graves. De même, ne mettez pas la pression à l’un de vos co-trekkeurs atteint de ces symptômes et prenez-les aux sérieux. Vous n’avez pas envie que vous ou l’un de vos coéquipiers finissent le voyage en hélico et à l’hôpital de Katmandou !

Mon médecin m’avait prescrit le médicament Diamox, qui permet de traiter les symptômes du mal des montagnes et améliorer la ventilation pulmonaire. Cela peut vous aider pour vous adapter à l’altitude par contre ses effets diurétiques sont extrêmement importants. La notice indiquait que l’on pouvait boire près de 4 litres d’eau dans les heures qui suivent sa prise et effectivement ce médicament est diurétique et donne extrêmement soif. C’est quelque chose à anticiper dans un pays où il n’est pas envisageable de boire de l’eau du robinet. J’ai pris ce médicament une seule fois lors de mon séjour, à la fin de la partie de mon trek dans le Mardi Himal, dans les Annapurnas. En fin de soirée après une journée de marche et après avoir dépassé 3500 m, mon mal de tête ne partait pas malgré 2 cachets de 1g de Doliprane pris de manière espacée dans l’après-midi. J’avais mes 2 L d’eau bouillie avec moi pour la nuit et c’était effectivement juste. Le lendemain, je ne me sentais pas mieux. Heureusement ce jour-là, il y avait une balade en aller-retour au départ camp. J’ai préféré rester pour me reposer et juste faire un petit tour autour du lodge avec un des sherpas resté au campement. Le soir on est un peu redescendu est tout est allé mieux.

Près de High Camp, trek de Mardi Himal au Népal

Le Diamox est un médicament sur ordonnance, c’est pourquoi je vous invite fortement à prendre rendez-vous avec votre médecin traitant avant d’entreprendre tout voyage au Népal. Celui-ci sera également à même de vous prescrire une liste de médicaments à prévoir pour votre voyage. Ce n’est pas dans l’Himalaya que vous trouverez ce dont vous aurez besoin. Votre médecin sera également à même de vérifier que vous êtes aptes à réaliser un séjour prolongé en altitude, notamment si vous souffrez de problème cardiaque, respiratoire ou nécessitant un suivi régulier comme le diabète..

 

Les règles à suivre pour éviter le MAM

Une des règles élémentaires à suivre pour éviter le MAM est de ne pas monter trop rapidement en altitude de manière à laisser l’organisme s’habituer progressivement à la raréfaction de l’air en oxygène. A partir de 3500 m, il est recommandé de dormir à maximum +400 m en moyenne chaque nuit. Il est possible de monter plus haut dans la journée, mais l’important est alors de redescendre pour dormir. Bien sûr, il faut également tenir compte des lodges proposés. Il y a donc des contraintes logistiques, mais cela donne déjà un ordre de grandeur. L’important est de respecter l’ordre de grandeur de +400 m en moyenne sachant que vous pouvez faire un jour +600 m et le lendemain +200m par exemple.

Ne pas hésiter à faire des petites pauses régulièrement quand vous marcher pour s’oxygéner et récupérer. Profitez en pour admirer le paysage et prendre des photos. Ce n’est pas la course !

Maintenant que vous êtes sensibilisés au danger du Mal des Montagnes, vous pouvez partir en trek au Népal ! Je vous invite à imprimer et à prendre avec vous la fiche pense-bête réalisée par la Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade et de l’emporter avec vous. Cela vous permettra de garder en mémoire tous ces conseils et d’estimer la gravité de votre Mal des Montagnes le moment venu.

Veillez également à prendre une bonne assurance voyage en vérifiant que celle-ci couvre le trekking en montagne et avance les frais de rapatriement en hélicoptère si jamais vous êtes atteint d’un MAM sévère. Dans ces conditions tout devrait bien se passer.

le pont de Birethanti : limite de la zone de conservation des Annapurnas