Lors de mon week-end à Lille début avril, j’ai pris la direction de Croix, dans la banlieue de Roubais pour découvrir l’étonnante Villa Cavrois construite pour l’industriel roubaisien du textile Paul Cavrois et sa famille de 7 enfants, par l’architecte Robert Mallet Stevens. Une visite que j’ai trouvé passionnante.

Perspective sur la Villa Cavrois - Croix

La Villa Cavrois, référence de la modernité

Facade exterieur de la villa carois - côté piscine

Construite en pleine crise économique, la Villa Cavrois tranche et choque avec le style et les habitudes plutôt classiques et conformistes de la grande bourgeoisie lilloise. La villa est profondément moderne, que ce soit au niveau de son architecture avec ses lignes très géométriques, que par le confort que procurent les équipements intérieurs. En effet, la villa rassemble les plus récentes avancé de l’époque : chauffage central, éclairage indirect à l’intensité modulable, TSF dans toutes les pièces, ascenseur… Un système ingénieux permet même de remonter simultanément l’ensemble des horloges de la maison !

La villa est conçue selon les 7 principes architecturaux de la maison moderne : air, lumière (grandes baies vitrées), travail (bureau pour Paul Cavrois), sport (en plus du grand jardin, la maison possède une piscine privée), hygiène (une salle de bain par chambre), confort (les équipements dont j’ai parlé plus haut) et économie.

La villa est située au centre d’un jardin qui reprend les grandes lignes des jardins à la française tout en épurant le style au maximum. La perspective ouverte par le bassin fait par exemple penser à celle du Grand Canal du Château de Versailles en taille nettement réduite bien sûr !

Une histoire mouvementée

Vue sur les jardins de la villa Cavrois depuis la pergola

Lorsque l’on visite la maison aujourd’hui, on ne devinerait pas son histoire particulièrement mouvementée ! D’abord occupée par les Allemands, qui la transformèrent en caserne pour héberger 200 soldats pendant la seconde guerre mondiale, elle fût rénovée une première fois par Paul Cavrois à son retour en 1947. A la mort de la veuve Cavrois en 1986, la villa est vendue à un promoteur immobilier et est laissé de longues années à l’abandon jusqu’à son rachat en 2001 par l’Etat. Squattée, pillée, il ne reste alors plus grand chose de sa splendeur d’antan. Un travail de restauration titanesque est alors entrepris pour restaurer la maison et rassembler le mobilier qui la décorait. Une pièce “témoin”, laissée dans l’état dans lequel a été retrouvé la villa, permet de se rendre compte de l’étendu des travaux ! Le travail est rendu encore plus ardu, car l’architecte Robert Mallet Stevens a brûlé l’ensemble des plans de la maison lors de la Seconde Guerre Mondiale : marié à une femme juive, il a peur que son oeuvre passe entre de mauvaises mains. Au cours de la visite, un film très intéressant d’une petite demi-heure, permet de se rendre compte de l’étendue du travail réalisé pour redonner à la Villa Cavrois, son allure du début des années 30. Après une dizaine d’année de travaux, la Villa ouvre ses portes au public en 2015 et devient l’un des monuments incontournables à découvrir dans la métropole Lilloise.

La ville quotidienne de la famille Cavrois

A travers la visite de la Villa Cavrois, on en apprend un peu plus sur la vie de la famille, représentative d’une famille nombreuse de la haute bourgeoisie française du siècle dernier. La villa est organisée en deux ailes : les parents d’un côté, les enfants de l’autre. Ces derniers ont même leur propre salle à manger, de manière à ne pas perturber les réceptions des parents.

L’hygiène étant au coeur des principes de la maison moderne, chaque chambre dispose de sa propre salle de bain. La plus impressionnante était celle de la suite parentale, au moins aussi grande que mon premier appartement ! L’intérieur de la maison semble simple, avec son design et ses lignes épurées, mais tout est pensé pour être pratique et hygiénique, comme les plinthes arrondies pour faciliter le nettoyage du sol !

C’est en parcourant les différentes pièces que je réalise à quel point la maison devait être agréable à vivre. Si les lignes extérieurs peuvent lui donner un côté austère, l’intérieur est vraiment agréable : les baies vitrées inondent de lumière les vastes pièces tandis que tout semble être fait pour faciliter la vie. Une conception à la fois minimaliste et fonctionnelle.

le salon de la Villa Cavrois

Salle à manger des enfants - Villa Cavrois

Escalier - Villa Cavrois
la salle de bain des parents - villa Cavrois

Chambre parentale - Villa Cavrois

 

Informations pratiques

J’ai rassemblé dans le paragraphe ci-dessous toutes les informations pratiques à la date d’avril 2017. Pour consulter les informations à jour ou pour plus de renseignement, rendez vous sur le site internet de la Villa Cavrois.

Horaires d’ouverture

Ouvert toute l’année, tous les jours sauf le mardi, le 1 janvier, le 1 mai, les 1 et 11 novembre et le 25 décembre

De juin à octobre : 10h30 à 18h30, de novembre à mai : de 10h30 à 17h30

Tarif : plein tarif : 8€, tarif réduit : 6.5 € gratuit pour les moins de 26 ans ressortissants des pays de l’Union Européenne ou résidents réguliers non européen sur le territoire français, gratuit pour tous les 1er dimanche du mois de novembre à avril, gratuit avec le City Pass.

Pour ne pas faire la queue, achetez en ligne vos billets coupe-file pour la Villa Cavrois

Comment se rendre à la Villa Cavrois ?

Pour la rejoindre en transport en commun, je vous conseille d’emprunter la ligne R du trawmay jusqu’à l’arrêt Villa Cavroix (attention la ligne est assez peu fréquente le dimanche, mieux vaut vérifier les horaires avant dans ce cas).

J’ai également testé pour vous le trajet à pied depuis l’arrêt de Métro Croix Centre (trajet que m’avait conseillé par l’application Transpole) et je ne vous conseille pas car l’arrêt de métro est en fait vraiment loin et il faut compter une bonne demi-heure de marche…

La tablette audio-guide pour une visite en réalité augmentée

tablette tactile pour la visite de la Villa Cavrois

Lors de ma visite, j’ai eu l’occasion de tester l’application de visite disponible sur des tablettes tactiles en location proposé pour un supplément de 4€ sur le billet d’entrée. La tablette est équipée d’un cadre en caoutchouc de protection avec lequel on a une bonne prise en main et d’un casque audio pour écouter les commentaires.

C’était la première fois que j’utilisais ce genre de produit ayant plutôt l’habitude des audioguides “classiques”. J’ai trouvé que ce support est vraiment très agréable et facile à utiliser. On peut tenir la tablette autour du cou et juste écouter les commentaires. Le côté “tablette” est bien exploité et apporte une touche interactive et ludique à la visite sans le côté parfois un peu “assommant” des audioguides. Avec le principe de “réalité augmentée”, on peut par exemple reconstituer le mobilier de certaines salles comme il l’était dans les années 1930. Je conseille vraiment de prendre la tablette, surtout si comme moi vous ne connaissez rien à l’architecture, car hormis le petit fascicule présentant les grandes lignes de la Villa et le film sur la restauration, il n’y a presque aucune explication au cours de la visite.

Autour de la villa Cavrois : le jardin Mallet Stevens

Après la visite de la villa, j’ai fait un petit tour dans le tout récent jardin public Mallet Stevens, à quelques minutes de marche de la Villa Cavrois. Je me serais bien posé là pour pique-niquer et profiter du soleil après ma visite de la villa, mais je n’avais pas anticiper l’achat de mon repas le midi pensant trouver quelque chose dans le coin. Hélas, Croix est une ville très résidentielle, surtout dans ce quartier et je n’ai rien trouvé pour acheter à manger ! Bref, ne faites pas comme moi ^^

Jardin Mallet Stevens - Croix

Jardin Mallet Stevens - Croix

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Visite de la Villa Cavrois, entre Lille et Roubais. Une villa moderniste conçue par l'architecte Robert Mallet Stevens pour la famille de 7 enfants de l'industriel roubaisien Paul Cavrois au début des années 1930.

Cet article est le fruit d’un partenariat avec l’Office du Tourisme de Lille Métropole. Les choix éditoriaux me reviennent.