moto-carte-burkina-faso

Istanbul, Jakarta, Ouagadougou,… l’année 2016 s’annonce dure. L’attaque de Ouagadougou m’a personnellement marqué. Je n’avais pourtant passé que quelques heures dans la capitale du Burkina Faso fin 2012. Même pas 24h cumulée : arrivée tard le soir même, je repartais le lendemain matin pour Koudougou. Néanmoins, mes souvenirs sont encore intacts et je visualise parfaitement l’emplacement de grand hôtel frappé ce week end par les islamistes. Frappée par ce drame, qui touche un pays calme jusque là était épargné, j’ai replongé mes photos du Burkina Faso, me donnant envie de partager les souvenirs de ces bons mais brefs moments passés la bas.

Ce voyage au Burkina Faso n’avais pas un but touristique. Vous ne verrez donc pas la richesse des paysages du pays, ni sa faune. Je partais pour la première fois en Afrique Noire pour une mission pour mon travail. J’intégrais une équipe de volontaires chargés de vérifier la réalisation de projets financés par la fondation d’entreprise. Cette mission (qui sort totalement du cadre de mes activités traditionnelles) nous a fait sillonner l’ouest du pays entre Koudougou et Bobo Dioulasso. Nous avons failli faire un détour jusqu’à Banfora pour voir la mare des hippopotames, et finalement nous n’avons pas eu le temps. Nous ne sommes même pas arrêtés (ni même fait un détour en voiture) devant la magnifique mosquée de Bobo-Dioulasso. Un de mes grands regrets, mais hélas le chef de l’équipe était plus porté sur la recherche de restaurants que de la découverte du patrimoine…

Et si vous doutez encore de l’intérêt touristique de ce pays, courrez lire le blog de Laurent, et découvrir ses aventures au pays des hommes intègres, entre hippopotames et éléphants !

campagne-koudougou

Les projets que nous avons pu découvrir s’articulent autour de plusieurs thématiques : l’accès à l’eau potable, à l’alimentation et à l’éducation. Cette semaine fût donc bien remplie, entre inauguration de pompes, d’école, visite d’une usine de spiruline (une algue très intéressante du point de vue nutritionnelle qui aide à lutter contre la mal nutrition) et de rizières dans lesquelles on essaie de développer la culture SRI : un système de riziculture intensive permettant, de manière naturelle et sans engrais chimique, d’augmenter la production de riz au mètre carré tout en diminuant la consommation d’eau. Ce système découvert par un moine à Madagascar est extraordinaire puisqu’il permet de produire beaucoup plus avec moins (moins de semances et moins d’eau). Cependant il est difficile de convaincre les habitants de tester cette nouvelle méthode. L’accès au riz et vital et la moindre parcelle est nécessaire puisque le pays n’est pas auto-subsistant. Ainsi, on peut comprendre que la population n’ait pas envie de prendre de risque avec la production. Il faudra donc prouver par des petites parcelles tests l’efficacité de la méthode.

cases cases

Koudougou

Avec 4 jours passés sur Koudougou, une ville située à une centaine de kilomètres à l’ouest de la capitale, nous avons bien pris le temps de sillonner et découvrir la ville avec notamment son marché. On y trouve de tout, de très beaux fruits et légumes, des épices, des poissons séchés,… Le marché est authentique, il faut dire qu’il n’y a pas beaucoup de touristes au Burkina Faso. Nous sommes les seuls blancs, on nous repère à 10 km, cela fait tout drôle… Moi qui aime bien passer inaperçue et me fondre dans la masse, avec ma peau claire et mes cheveux blonds c’est raté !

rue koudougou rue koudougou

marché de koudougouepices-marche-koudougoustand-marche-koudougou

étal de marche-koudougou
marche-koudougou-2

 étal de marche-koudougou

rue koudougou

 

Portraits de Burkinabés

Partout au Burkina Faso, j’ai été frappé par l’accueil chaleureux des habitants, toujours le sourire aux lèvres, ainsi que par leur immense générosité. Partout où nous passions, nous étions couverts de cadeaux. Souvent des pintades ou autres volailles, un vrai sacrifice pour eux. Un village nous a offert 25 kg d’arachide ! J’ai essayé de refuser ma part de plusieurs kilos de ces cacahuètes (par que vraiment qu’est ce que j’allais en faire??) mais ce fût impossible. Même en prendre la moitié, cela ne se faisait pas… Malgré en avoir donner partout autour de moi à mon retour, je n’ai jamais pu épuiser le stock. J’aurais préféré que ces cacahuètes restent à ceux qui en avaient besoin…

Ce voyage au Burkina Faso, fût aussi la première fois où je montrais mes photos à d’autres personnes que mes proches. Le soir, nous faisons un débrief pour sélection les photos à envoyer au service communication afin d’alimenter le site intranet de l’entreprise. Mes collègues se sont montrés très enthousiastes envers mes photos. Ce voyage m’a donné confiance dans la qualité de ce que je faisais et m’a donner envie de m’améliorer dans ce domaine pour le partager. J’ai également été ravie à mon retour de découvrir certains collègues surpris par mes photos publiés sur l’intranet. Il ne me croyaient pas quand je leur disais que c’était les miennes. Et de mon côté, j’avoue que j’étais très fière de voir mon travail diffusé ! Je sais que j’ai encore beaucoup à apprendre sur le plan de la photographie, mais cette mission m’a beaucoup encouragé !

femme-burkinabe
famille-burkinabe

femme-burkina-faso

jeune-fille-bukinabe
bébé en pleurs - burkina faso

jeunes-pecheurs

En route pour Bobo Dioulasso

Ma famille considérait d’un mauvais œil de cette mission et s’inquiétait pour moi. Il faut dire que ce n’est jamais une belle image de l’Afrique qui perce dans les médias. Si un danger était bien réel, il n’était pas là où je l’attendais : je n’imaginais pas les routes si dangereuses. Catholiques et musulmans vivent en bonne harmonie, et tous sont d’accord pour laisser dieu les protéger. Ainsi, personne ne met sa ceinture de sécurité. Le casque de moto n’existe pas. Sur certaines camionnettes, les gens sont même assis sur le toit, sans rien pour s’attacher. L’essence coûte cher, alors il faut transporter le maximum de personnes à la fois.

Notre chauffeur se moquant de nous en nous regardant mettre notre ceinture de sécurité nous dit “cela ne sert à rien car dieu nous protège”. Sur les routes, il y a une foule qui s’y déplace, à pied, en vélo, en charrette, en moto…Pour cette raison, il est impératif de rouler de jour (car bien évidement les routes ne sont pas éclairés, et la plupart des piétons qui finissent leur route de nuit non plus). Notre chauffeur se frayait un chemin parmi cette circulation chaotique et c’est un miracle que nous n’avons renversé personne… car je trouvais que l’on passait souvent beaucoup trop près des autres…

A la tombée de la nuit, les gens continuent leur chemin, sans éclairage et sans rien pour les identifier. La route Bobo-Koudougou est longue. La nuit arriva avant que nous n’ayons eu le temps d’arriver à notre destination. La fin de la route fût terrible. Je ne compte pas le nombre de personnes que nous avons évité de justesse…

Avec ma vision d’occidentale athée, j’ai vraiment du mal à comprendre  comment il est possible d’accorder une si grande confiance à Dieu. 

Difficile de les comprendre, mais aussi difficile de me faire comprendre. Car si les religions vivent en harmonie, il est extrêmement mal vu de ne en avoir. A la limite tolérée pour les étrangers, au Burkina, il est mal considéré de se considérer de la sorte. Je comprends que pour eux être athée, signifie se croire au dessus de Dieu, ne pas avoir peur de la mort et se considérer comme tout permis.

route principale ouagadougou bobo

Le long des routes, on trouve des pompes à essence un peu particulières. L’essence de contrebande du Nigéria est revendue au litre dans ce genre de petite station :

essence total - burkina faso

Si les routes principales sont bitumées, les routes secondaires sont des pistes. Nous avons pris une belle piste à la sortie de Koudougou pour récupérer la route principale du pays. On n’avance pas et on mange la poussière, mais on traverse un beau paysage !

piste burkina faso

Les rizières autour de Bobo-Dioulasso

Le Burkina Faso, proche du Sahel, est un pays sec, mais est loin d’être un désert. Dans le sud-ouest du pays, autour de Bobo Dioulasso, la capitale économique du pays, on y cultive même le riz. L’occasion pour nous de découvrir le travail des paysans de la région et de se confronter à un terrible choc des cultures lorsqu’ils nous pose des questions sur l’agriculture en France.

Choc lorsque nous expliquons que nous cultivions des céréales pour nourrir les animaux. Inconcevable dans un pays où la population ne mange pas à sa faim. Je crois n’avoir jamais été aussi mal à l’aise de ma vie… Là-bas, les zébus se débrouillent avec se qu’il strouvent – c’est-à-dire pas grand chose. Ils ont la peau sur les os, et travaillent d’arrache pied pour labourer les champs.

travaux de labourage dans les rizières - Burkina Faso une homme coupe le riz - burkina faso

Dans les environs de Bobo, nous visitons également un champ de cotons et rencontrons la radio locale de Bama, dont les bâtiments et les équipements ont été en partie financé par la France.

vieillard-burkinabe
fleurs de coton

 

radio bama pile

croix-rouge-burkina-faso