Début avril, je me suis rendue en Belgique à l’occasion du Salon des Blogueurs de Voyage. J’en ai profité pour faire un crochet par Anvers, une ville que j’avais visité adolescente, mais dont je n’avais plus beaucoup de souvenirs (hormis quelques souvenirs très flous du zoo et du quartier des diamantaires).

Si Anvers n’est pas une ville « belle » au même titre que peut l’être Bruges par exemple, c’est une ville dynamique, riche et passionnante, à laquelle on peut facilement consacrer 3 jours de visite. Je n’avais que 2 jours et ce n’était pas suffisant pour découvrir tout ce que j’aurais aimé découvrir, et ce malgré un programme chargé et un rythme soutenu, mais c’était déjà mieux que rien !

J’ai divisé mon week-end en deux parties :

  • une première journée consacrée à la visite du centre ville et quelques uns de ces nombreux musées, (mais l’on pourrait facilement y consacrer 2 jours tant il y a de choses à voir et de musées à visiter!)
  • une deuxième journée à la découverte de l’Eiljandje, le quartier des docks, en pleine reconversion et qui accueille 2 musées passionnants : le musée de la Red Star Line, sur l’émigration vers les Etats-Unis (le pendant européen du musée Ellis Island pour ainsi dire) et le MAS, Musee aan de Stroom, un musée moderne et hétéroclite sur l’histoire de la ville et des civilisations.

Bref, je vous propose pour commencer un retour sur ma première journée à Anvers à la découverte du centre historique !

La maison de Rubens

Amatrice de peinture, la maison de Rubens faisait partie des incontournables de mon séjour à Anvers. Pour moi, il m’était impossible de ne pas la visité ! Pierre Paul Rubens est LE peintre d’Anvers par excellence. On s’en aperçoit rapidement lorsque l’on visite la ville. Son atelier a fortement marqué l’histoire de la ville. Il y a produit un grand nombre d’œuvres que l’on peut admirer encore aujourd’hui dans les musées et les églises.

Si un grand nombre d’œuvres sont signés de sa main, on apprend, en visitant sa maison et son atelier, qu’il n’était pas seul à travailler sur ses tableaux. Une suite d’artistes et d’élèves l’épaulait dans son travail, en peignant les œuvres dont il avait fait les esquisses. Rubens apportait la touche finale au niveau des éléments demandant le plus de maîtrise : mains, visages, etc… Il ne réalisait entièrement que les commandes les plus prestigieuses ! Si la visite de sa grande demeure, présente assez peu d’œuvres du peintre, on y découvre sa collection d’art personnelle.

La visite de sa maison permet de prendre conscience de la richesse qu’a pu connaître le peintre de son vivant. (Surtout qu’il possédait d’autres résidences). Il faut dire qu’il a eu comme mécène Nicolas Rockox, le bourgmestre d’Anvers (dont la maison se visite également).

Façade extérieure de la maison de Rubens - Anvers

Jardin de la Maison de Rubens - Anvers
Atelier de Rubens - Anvers

intérieur de la Maison de Rubens - Anvers

Le musée Plantin-Moretus

A peine sortie de la maison de Rubens, j’enchaîne avec le musée Plantin-Moretus, à quelques minutes à pied. Ce musée, unique au monde, retrace la folle aventure de l’imprimerie. La famille anversoise Plantin-Moretus est la première maison d’édition à industrialiser l’imprimerie. A ce titre, le musée a été classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.

Pour cette visite, je choisi de prendre l’audioguide en supplément (2€), ce que je vous conseille car très peu d’informations sont disponibles en français (bienvenue en Flandres…).

Cour de la maison Plantin Moretus - Anvers

Après avoir traversé les appartements d’apparat de la famille, dont la richesse est telle qu’elle possède un grand nombre de tableaux signés Rubens, j’entre dans la librairie. A l’époque, les livres imprimés étaient vendus en feuilles volantes. Il fallait ensuite passer chez un relieur, pour assembler le tout !

salon de la maison Plantin Moretus - Anvers

manuscrit du moyen age
maison Plantin Moretus - Anvers

Librairie de la maison Plantin Moretus - Anvers

La visite continue avec la salle des presses et des caractères. A l’époque, les artisans devaient composer lettre par lettre la page à imprimer, à l’aide de caractères mobiles en métal, avant de l’envoyer dans une presse où le texte était imprimé sur le papier, avant d’être corrigé, et imprimé de nouveau.

     Salle des presses - maison Plantin Moretus - Anvers

Au deuxième étage (un peu moins intéressant et en partie fermé pour restauration), je découvre une partie de l’importante collection du musée Plantin-Moretus. Lors de ma visite, une exposition dédiée à l’histoire des livres de médecine est présentée.

Attention : le musée Plantin Moretus, sera entièrement fermé pour restauration du 30 mai au 29 septembre 2016 !

La cathédrale Notre-Dame d’Anvers

facade principale de la cathédrale d'Anvers
Statue de Rubens devant la cathédrale d'Anvers

Située entre la Grand-Place (Grote-Mark en flamand) et Groenplaats, se dresse la plus grande cathédrale des Pays-Bas historiques. Contrairement à ce à quoi nous sommes habitués en France, l’entrée est payante, et pas donnée (6€ en tarif plein). Cependant, il faut savoir que la cathédrale d’Anvers est également un musée, puisque sont exposés (jusqu’à fin 2017) quelques uns des plus beaux retables du Musée Royal des Beaux Arts fermé pour restauration. J’ai ainsi pu admirer, entres autres, 3 magnifiques retables de Rubens.

Contrairement aux églises auxquelles nous sommes habituées, la cathédrale d’Anvers est très lumineuse, avec ses immenses vitraux, et les tableaux sont particulièrement bien mis en valeur. On profite aussi bien que dans un musée traditionnel.

Nef de la cathédrale notre dame d'Anvers

Collections de tableau - Cathédrale Notre Dame d'Anvers
Transept de la cathédrale notre dame d'Anvers
Nef de la cathédrale notre dame d'Anvers

 Collections de tableau - Cathédrale Notre Dame d'Anvers

Balade dans le centre ville d’Anvers

rue pietonne du centre historique d'Anvers

Le centre-ville d’Anvers présente une architecture assez hétéroclite : on passe rapidement d’un style à un autre. Des immeubles modernes à des immeubles typiquement flamand en brique, d’un gratte-ciel (le plus vieux d’Europe) à des petites rues toute mignonne du XVI° siècle. Bref, si Anvers manque un peu d’harmonie, elle ne manque pas de style !

La gare centrale d’Anvers

Si vous vous rendez comme moi à Anvers en transport en commun depuis Bruxelles (un peu moins d’1 h de trajet, 14,8 € A/R), descendez à la gare centrale, un monumental bâtiment néoclassique. Les quais sont assez impressionnants, puisqu’il y en a à la fois en hauteur et en profondeur !

batiment de la gare centrale d'anvers

les quais de la gare centrale d'Anvers
Hall de la gare centrale d'anvers

Le quartier des Diamants

Juste à côté de la gare se trouve le quartier des Diamantaires. Anvers est la capitale mondiale du diamant, puisque 85% des diamants bruts et 50% des diamants polis y passent au moins une fois. Les diamants sont échangés dans des bourses dédiés. Historiquement, l’activité liée au commerce du diamant est lié à la communauté juive orthodoxe. Ainsi ne vous étonnez pas d’y croiser des diamantaires reconnaissables avec leur grand chapeau, leur longue barbe et leurs papillotes.

Si vous n’êtes pas intéressé par l’achat de diamants, le quartier ne vaut pas forcément le détour, les rues, qui ne sont qu’une succession de bijouteries, sont plutôt moches…

une bourse des diamants à Anvers
Quartier des Diamants - Avners

 

La grand place – Grote Mark

Si la Grand Place d’Anvers ne possède pas la puissance et l’harmonie de celle de Bruxelles, c’est un passage obligé de la visite du centre ville ! Il s’agit d’une place triangulaire, bordée d’un côté par l’hôtel de ville et des deux autres côtés de maisons de guildes  datant des XVI° et XVII ° siècles. Au centre de la place, se dresse une statue représentant le courageux Romain Silvius Brab, jetant la main du géant Antigone, après l’avoir tué, car il imposait un droit de péage excessif à chaque bateau empruntant l’Escaut. C’est de cette légende que la ville tire son nom Antwerpen dérivant de « handwerpen », jeter la main.

Maisons de guilde de la Grand Place d'Anvers

 Grand Place d'Anvers
Terrasse de café de la Grand Place d'Anvers

Le Vlaeykensgang : des petites rues du XVIème siècle

Tout près de la cathédrale, à deux pas de la Grand Place, se trouve un petit réseau de ruelles étroites datant du XVIème siècle. Suivez les panneaux indiquant les ruelles du XVIème siècle ou tournez au niveau du 16 Oude Koornmarkt.

A deux pas des rues piétonnes animées, nous voila parti pour un voyage dans le temps au cœur d’Anvers. Nous voila dans un réseau de petites ruelles bucoliques, des airs de campagne avec les vignes qui recouvrent les maisons, et quelques restaurants qui doivent être bien agréables ! Mon petit coup de cœur et visiblement celui des blogueuses modes…

Quartier Vlaeykensgang - Anvers
Ruelle du quartier Vlaeykensgang - Anvers

  pot de fleurs dans le quartier Vlaeykensgang - Anvers

Ruelle du quartier Vlaeykensgang - Anvers
Ruelle du quartier Vlaeykensgang - Anvers

Boire une bière à Groenplaats

Derrière la cathédrale, se trouve l' »autre » place principale d’Anvers : Groenplaats. Les Anversois s’y retrouvent volontiers pour prendre une bière entre amis à la terrasse de l’un des nombreux cafés sous le regard de la statue de Rubens. Beaucoup plus d’animation de ce côté qu’au niveau de la Grand Place.

terrasse de café Groenplaats - Anvers

Shopping au Stadsfeestzaal

Le long du Meir, la grande avenue commerçante d’Anvers, on y découvre des boutiques plus belles les unes que les autres. Mon coup de cœur est revenu à la halle commerçante néoclassique du Stadfeestzaal, datant duu début du XIX° siècle, décorée à la feuille d’or.

Pas besoin d’acheter quelque chose pour en prendre plein les yeux. N’hésitez pas à monter au deuxième étage pour profiter d’une vue panoramique sur les stands.

stadtfest hall anvers

 stadtfest hall anvers

Informations pratiques

Venir à Anvers

Le moyen le plus rapide pour rejoindre Anvers, surtout si vous venez de Paris, est d’emprunter le train Thalys. Il y a quelques trains directs depuis la Gare du Nord. Personnellement j’ai préféré faire une correspondance à Bruxelles, car les trains sont plus fréquents et les horaires m’arrangeaient. Depuis la Gare du Midi à Bruxelles, il y a très régulièrement des trains qui permettent ensuite de rejoindre Anvers. Il faut compter environ 50 minutes de trajet.

Si vous avez le temps et que votre budget est limité, une autre solution est le bus : Ouibus dessert Anvers depuis Paris (5h30) et Lille (2h15).

Les horaires d’ouverture

Les musées d’Anvers ont un créneau d’ouverture réduit : 10h-17h et sont presque tous fermés le lundi. Il faut donc veiller à bien optimiser sa journée pour profiter au maximum des horaires d’ouverture restreints ! Globalement, tout ferme assez tôt puisque les magasins ferment leur porte à 18h, 18h30 dernier délai sur le Meir, la grande avenue commerçante d’Anvers.

La Antwerp city card

Antwerp city card

Si vous comptez rester plus d’une journée et visiter un grand nombre de musées, je vous conseille d’opter pour la Antwerp City Card qui peut vous permettre de réaliser de belles économies. S’il est difficile d’amortir la version 24 h, les versions 48 h et 72 h valent vraiment le coup. Cette carte vous offre l’entrée gratuite dans tous les musées de la ville, l’accès illimité au transport en commun ainsi que de belles réductions pour des attractions (visites du port, zoo …), locations de vélos, et boutiques typiquement belges…

Bon à savoir : les réductions sont valables très longtemps après la fin de la période de validité de la Antwerp City Card. Si vous êtes intéressés par ces attractions, le mieux est de les garder pour les jours où votre carte n’est plus valide ! (Personnellement, je n’en ai pas eu l’utilité du fait du caractère « express » de ma visite…).

La carte est également accompagnée d’un guide très bien fait sur la ville (vendu séparément au prix de 2€)

J’ai pu tester la carte 48 h à 35 €, et celle ci s’est révélée intéressante financièrement malgré le fait que je ne sois restée en réalité que 36 h (1jour 1/2), puisque j’ai visité :

  • la maison de Rubens : 8 €
  • le musée Plantin-Moretus : 8 €
  • la cathédrale Notre-Dame : 6 €
  • le musée Red Star Line : 8 €
  • le MAS (Museum Aan de Stroom) : 10 €
  • 2 trajets en tramway : 6 € (!!)
  • Guide d’Avers : 2€

Economie réalisée avec la Antwerp City Card : 13 € (et encore, avec quelques heures de plus j’aurais eu le temps de visiter encore un musée !)

En plus de l’économie réalisée à la fin, la carte permet de s’affranchir du dilemme « est ce que telle visite vaut le coup? ». Sans cette carte, je ne serais pas allée dans la cathédrale. D’ailleurs, beaucoup de personnes faisaient demi-tour, lorsqu’ils découvraient que l’entrée était payante. Et pourtant, je ne regrette pas la visite, qui m’a surprise par la qualité des tableaux exposés !

J’étais bien contente d’avoir, avec la carte, le guide d’Anvers, puisque j’étais venue avec un ancien guide, acheté en 2008. Je pensais que les informations concernant les musées seraient encore à jour, mais c’était sans compter le dynamisme de la ville ! Depuis, 2 musées d’envergure ont été créés : le MAS et le musée de la Red Star Line, bouleversant mes plans initiaux… Du coup, j’aurais bien aimé rester au moins un jour de plus. Ce fût un vrai crève cœur de renoncer à la visite du musée Mayer van den Bergh, et la maison Rockox, le mécène de Rubens alors que je comptais venir en Flandres, justement pour admirer les toiles des plus grands maîtres flamands, … Mais je préférais découvrir le quartier du port en reconversion, dont je vous parlerais très bientôt !

Où dormir à Anvers ?

Les hébergements sur Anvers ne sont pas donnés. Mon choix s’est porté sur l’hôtel Ibis Antwerpen Centraal Station, derrière la gare centrale. Il est finalement assez excentré, car avec les attentats de Paris et de Bruxelles, l’accès à la gare avait été restreint à l’entrée principale, ce qui m’a obligé à contourner la gare pour le rejoindre au lieu de la traverser.

chambre d'hôtel Ibis Budget Anvers Gare Centrale

J’ai payé un peu moins de 60 € la chambre sans le petit déjeuner, qui était en supplément. Comme le buffet ne me semblait pas très appétissant et qu’il coûtait 7,5€, j’ai préféré le prendre chez Foodmarker, entre le Meir et la Gare Centrale qui propose une offre viennoiserie + pain au chocolat pour seulement 2 €.

L’hôtel n’est pas très « budget » surtout lorsque l’on voyage seul, néanmoins il restait un peu moins cher que les concurrents de la même gamme. La literie était assez confortable. Bref, une adresse pas forcément exceptionnelle mais pratique. Néanmoins, petit coup de gueule : je trouve ça un peu abusé de faire payer la consigne pour laisser une valise pour la journée (mais c’est peut être le cas partout en Belgique vu que j’ai eu la même chose à l’hôtel Ibis Gare du Midi de Bruxelles). Ça me fait un peu penser au système qui m’énerve chez EasyJet : au début, le prix n’est pas cher, mais lorsque l’on rajoute toutes les options (petit-déj, consigne, taxe de séjour, etc…) on se retrouve avec un prix qui peut être plus élevé que si on avait été dans un autre endroit, un peu plus cher, mais où tout était compris dans le prix de la chambre !

Le Flamand

Ce n’est pas parce que l’on est en Belgique, que les gens parlent français à Anvers. Avec les fortes tensions linguistiques, personne ne fait d’effort en Belgique pour parler la langue de l’autre (hormis peut être les Bruxellois, car ils n’ont pas le choix). Ainsi, passé la frontière linguistique, le français disparaît (tout comme le flamand est inexistant en Wallonie,…). Franchement, je trouve cela un peu ridicule : par exemple, les annonces dans le trains, qui étaient bilingues à Bruxelles, deviennent 100% flamandes. Plus que de faire 0 effort, les belges font un gros effort pour maintenir  et entretenir comme il se doit leur fracture linguistique… Je ne vous parle pas du regard que m’a lancé le contrôleur du train (alors que nous étions encore dans l’enceinte de Bruxelles) quand je lui ai lancé un « bonjour! » chaleureux. Je l’aurais insulté, j’aurais surement reçu un meilleur accueil. Il a surement cru que j’étais une belge wallonne qui cherchait à le provoquer… Le seul espoir est de rapidement faire comprendre à votre interlocuteur que vous êtes français et non wallon ! Il sera amusé alors d’essayer de vous parler en français… mais même dans le milieu du tourisme, on ne trouve pas toujours quelqu’un qui parle français. Par exemple à mon hôtel, le personnel ne parlait pas du tout français et je devais m’exprimer en anglais. Personnellement, je trouve cette tension linguistique un peu exaspérante, tout serait tellement plus simple, si chacun, wallon comme flamand, faisait un effort pour parler la langue de l’autre…

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Le guide complet pour découvrir le centre-ville d'Anvers : ses musées et ses bonnes adresses !

Je remercie l’Office du Tourisme de m’avoir offert la Antwerp City Card 48 h. Cet article reflète mon avis et je suis restée libre dans l’organisation de mon séjour et le contenu de cet article.